Maltraitance animale: l’ex-dompteur André-Joseph Bouglione témoigne | FranceSoir

Il est sorti de son silence. A l’occasion de la sortie de son livre Contre l’exploitation animale (Ed.Tchou), André-Joseph Bouglione s’est exprimé lundi 2 dans les colonnes de Libération. Cet ancien dompteur, qui a décidé en mai dernier d’arrêter les spectacles avec les animaux, est revenu sur leurs conditions d’exploitation appelant les forains à redéfinir les contours de leur métier.

Source : Maltraitance animale: l’ex-dompteur André-Joseph Bouglione témoigne | FranceSoir

« Corrida – Tu veux un dessin ? » – Ulule

Source : « Corrida – Tu veux un dessin ? » – Ulule

“J’ai vu des expériences scandaleuses sur les animaux !” – France Dimanche

Pendant une année entière, Audrey Jougla cette étudiante parisienne de 31 ans qui prépare l’agrégation de philosophie, a enquêté en caméra cachée dans les laboratoires publics et privés afin de mieux comprendre la réalité de l’expérimentation sur les animaux en France. Un témoignage accablant.

Source : “J’ai vu des expériences scandaleuses sur les animaux !” – France Dimanche

« J’ai réalisé la tristesse des animaux du zoo » l’histoire illustrée d’un changement de point de vue | Mr Mondialisation

Source : « J’ai réalisé la tristesse des animaux du zoo » l’histoire illustrée d’un changement de point de vue | Mr Mondialisation

L’animal est une personne par Franz-Olivier Giesbert

Franz-Olivier Giesbert présentant dans l’émission on n'est pas couché  L'animal est une personne

Bravo à Franz-Olivier Giesbert qui ce samedi 11 octobre 2014 dans l’émission « On n’est pas couché », a présenté son nouveau livre, « L’animal est une personne », un livre que nous avons hâte de découvrir tant qu’il nous a paru convaincant. Après avoir écouté FOG nous étions très nombreux à l’issue de cette émission prêts à prendre la bonne résolution de devenir végétarien.
Franz-Olivier Giesbert nous explique qu’alors que plus la science nous apprend que les animaux ont une sensibilité et de l’intelligence plus on les maltraite et plus on leur en demande.
Il dit, entre autres, que le bouc comme l’araignée ont une âme, que le perroquet blague – Et il nous raconte sa vie avec son perroquet Coco qui lui vouait une véritable passion et lui parlait. Et le grand regret de FOG est d’avoir mis du temps à comprendre cette demande d’empathie. FOG nous rappelle l’histoire d’Alex le célèbre perroquet de l’éthologue Irène Pepperberg qui possédait un vocabulaire de 150 mots et en comprenait plus de 1000. Alex était, par exemple, capable de donner la couleur d’objets qu’on lui désignait et de les retenir. Par ailleurs, des travaux publiés en 2006 semblent montrer qu’il maîtrisait également les nombres jusqu’à 6, y compris le zéro. Il nous raconte qu’Alex la veille de sa mort déclara à sa maitresse Irène : sois sage, passe une bonne nuit, je t’aime. Et si cela n’est pas une preuve d’empathie, quelles preuves faudrait il apporter ?
Pour conclure FOG nous déclare que l’humanité passera un sale quart d’heure le jour du jugement dernier lorsqu’il faudra rendre compte de ce qu’elle a fait aux animaux.

 

Visionner l’emission de on n’est pas couché du 11 octobre 2014

viaL’animal est une personne par Franz-Olivier Giesbert.

Corrida la honte Roger Lahana – La Boutique Militante

Corrida la honte Roger Lahana – La Boutique Militante.

Trafic d’animaux. L’enquête de deux Bretons

  • Poils d’éléphant, bave d’ours, pénis de tigre, cornes de rhinocéros… Deux Bretons, SylvainAuffret, journaliste indépendant, et Stéphane Quéré, criminologue, viennent de signer un édifiant livre-enquête sur les trafics d’animaux.

Avez-vous pu mesurer l’ampleur de ce trafic?
Stéphane Quéré: Beaucoup de nos interlocuteurs placent ce trafic à la troisième place mondiale, derrière les trafics de drogue et d’armes. C’est invérifiable et impossible à chiffrer. Nous pouvons simplement dire que c’est un trafic important qui génère des sommes parfois colossales. Pour vous donner un ordre d’idées, une corne de rhinocéros se négocie entre 25.000€ et 250.000€. Cela rapporte presque aussi cher, au kilo, que la cocaïne! Désormais, les trafiquants viennent se servir dans les musées européens! L’an dernier en France, ils ont notamment sévi à Rouen, Blois, Paris, et sur l’île d’Aix. Depuis, des mesures de sécurité ont été mises en place. L’ivoire des éléphants, aussi, est très convoité. Ces deux trafics remontent tous vers l’Asie, Chine en tête avec le pouvoir d’achat des classes moyennes qui explose.

Quels autres animaux sont concernés?
S.Q.: Pour l’Europe, il s’agit d’abord des animaux de compagnie, avec des phénomènes de mode: effet «Nemo» au cinéma, chien de Dechavanne ou de Paris Hilton,etc. Généralement, il s’agit de poissons, d’oiseaux, de chiens (la France n’en «produit» pas assez). Entre2008 et2011, 9.000 chiots achetés 30à 50€ à un grossiste slovaque ont ainsi été revendus entre 200€ et 400€ pièce dans le Vaucluse… On trouve aussi des tortues (achetées 2 ou 3 € au Maroc, revendues une centaine d’euros en France), des serpents, des batraciens… Ce commerce illégal va du plus petit (ormeaux d’Afrique du Sud, braconnés puis revendus à des gangs de rues qui les revendent à des triades chinoises) au plus gros (éléphants). Il y a aussi des trafics insolites: poils d’éléphant pour faire des bijoux, laine d’antilope du Tibet (en voie de disparition), utilisée dans la confection de châles à 10.000€ pièce…

Il y a des trafics pour collectionneurs, amateurs de mets raffinés et pour personnes malades?
S.Q.: Oui, notamment en Asie, où les «produits» aux prétendues vertus thérapeutiques et aphrodisiaques, souvent infondées, sont très prisés. Il y a même des trafics insolites, comme le commerce d’écailles de pangolin (fourmilier), ou la bave d’ours, utilisée pour soigner calculs et inflammations. Avec le tigre (et désormais les léopards), tout est bon! Les os et les dents pour soi-disant soigner l’arthrite, le gras de la viande pour les rhumatismes, les yeux pour l’épilepsie, la queue pour les maladies de peau, les moustaches pour les maux de dents, le cerveau pour la fatigue et les boutons… Pratique «La peau de l’ours», Sylvain Auffret et Stéphane Quéré, Nouveau monde éditions (18,90€).

  • Propos recueillis par Hervé Chambonnière

viaTrafic d’animaux. L’enquête de deux Bretons – Bretagne – Le Télégramme.

Guide des insectes et petits animaux du littoral atlantique – Natura Sciences

Auteurs : Hervé Thomas et Patrick Dauphin
Editeur : Editions Sud Ouest. 190 pages.
Prix indicatif : 12,5 €

Ce Guide des insectes et petits animaux du littoral atlantique s’adresse avant tout aux curieux de la nature qui fréquentent le littoral sableux de nos côtes Atlantiques et s’intéressent aux petits animaux. Insectes, arachnides, myriapodes, crustacés, gastéropodes, amphibiens, reptiles et oiseaux y sont « décortiqués » ! Ce livre est utilisable par tous, quel que soit le niveau de connaissances en sciences naturelles.  Si environ 1000 à 2000 espèces doivent peupler le littoral sableux atlantique, les auteurs en ont choisi 142, parmi les plus typiques et les plus faciles à observer.

Avant de dérouler les fiches, les auteurs ont eu la bonne idée d’écrire une introduction qui décrit bien le paysage du littoral atlantique grâce à la présentation des caractéristiques de la dune et de la plage. Quelques notions d’anatomie des insectes d’adultes, de nomenclature et la présentation des grands groupes d’animaux présents sur la dune viennent clore cette introduction non sans intérêt.

Les fiches sont presque toutes construites sur le même modèle et comportent les mêmes rubriques : nom de l’espèce, classification, description, identification, répartition et biologie-écologie. Elles sont illustrées par des photographies originales.

Petit mot sur les auteurs 

Patrick Dauphin, Hervé Thomas et Laurent Triolet sont naturalistes par vocation, membres actifs de la Société linnéenne de Bordeaux et de diverses autres sociétés scientifiques. Ils enseignent les sciences de la vie et de la terre à Bordeaux et à Tours.

viaGuide des insectes et petits animaux du littoral atlantique – Natura Sciences.

Le palmarès 2012 des livres nature – Indre

Catégorie guide

Lauréat : Produire des graines bio, Christian Boué, Terre vivante.
Nominés : Plaidoyer pour les mauvaises herbes, Vincent Albouy, Edusud ; Bien débuter en entomologie, Vincent Albouy, Glénat.

Catégorie jeunesse

Lauréat : Les Monstres marins, Camille Renversade et Frédéric Lisak, Plume de carotte.
Nominés : L’Herbier de Cendrillon, Laurent Audouin, Lionel Hignard et Yannick Fourié, Plume de carotte ; La Fabuleuse Histoire des graines, Lionel Hignard, Belin.
Mention spéciale du jury : Lucas et les aquins, Patrick Luneau.

Catégorie récit essai

Lauréat : Le cœur d’une ville… hélas, Jean-Marc Serekian, Le Passager clandestin.
Nominés : Vandana Shiva, Lionel Astruc, Terre vivante ; L’Écologie sinon rien, Claude-Marie Vadrot, Delachaux & Niestle.
Mention spéciale du jury : Ce qu’il advint du sauvage blanc, François Garde, Gallimard.

Catégorie beau livre

Lauréat : Transfigurations, Jérémie Lenoir, textes de Damien Sausset, Filigranes.
Nominés : Tichodrome, Christophe Sidamon-Pesson, Hesse ; Sous l’aile du temps, Fabrice Cahez et Philippe Moës, Éditions du Perron.

viaLe palmarès 2012 des livres nature – Environnement – Actualité – Indre – Nouvelle République.

Les enfants font d’épouvantables animaux de compagnie —- Peter Brown – La bibliothèque du dolmen

LesenfantsfontdepouvantablesanimauxLucie la jeune oursonne découvre un petit garçon dans un buisson et décide de l’adopter. Ses parents ne sont pas très enthousiastes mais Lucie réussit à les convaincre en disant qu’elle s’occupera toute seule de ce nouvel animal de compagnie. Mais ce dernier fait des bêtises …

Me revoilà encore avec un album jeunesse dont le titre m’a attirée. J’ai de suite trouvé l’idée d’inverser les rôles vraiment originale et amusante. De même, les dessins, au petit cachet suranné, m’ont assez plu. Avec le grand format, on a presque tendance à ne regarder qu’eux et à en oublier le texte ! L’histoire est toute simple, avec cet enfant de compagnie tout aussi fou-fou qu’un jeune chiot, à faire des bêtises. J’étais donc limite à me lasser des évènements quand la fin est arrivée et elle est plutôt sympathique et logique, sans compter qu’elle permet au passage d’expliquer la nécessité de laisser les animaux sauvages dans leur milieu !

viaLes enfants font d’épouvantables animaux de compagnie —- Peter Brown – La bibliothèque du dolmen.

Eternel Treblinka | International Campaigns

Des abattoirs aux camps de la mort

L’historien américain Charles Patterson s’intéresse au douloureux rapport entre l’homme et l’animal depuis la création du monde. Il soutient la thèse selon laquelle l’oppression des animaux sert de modèle à toute forme d’oppression, et va jusqu’à établir un parallèle entre la façon dont l’homme traite les animaux d’élevage et la façon dont il a traité ses congénères pendant la Shoah. Un tel rapprochement est lui-même tabou, étant entendu une fois pour toutes que la Shoah est unique et ne saurait être comparée à aucun autre malheur collectif – à plus forte raison animal. Pourtant, l’auteur yiddish et prix Nobel de littérature Isaac Bashevis Singer (qui a écrit, dans une nouvelle dont le titre de ce livre est tiré : ‘Pour ces créatures tous les humains sont des nazis ; Pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka.’) fut le premier à oser la comparaison. S’inspirant de son combat, Patterson décrit la façon dont l’homme s’est imposé comme ‘l’ espèce des seigneurs’ en réduisant à l’esclavage les autres espèces animales.

Pour commande, lire, faire connaître et circuler, c’est par ici (entre autres).

viaEternel Treblinka | International Campaigns.

ASPAS

Les RDV écologiques de Paul POT

Événement local

– vendredi 6 avril, 20h30, Clermont-Fd (salle Leclanché, rue de Champratel) : conférence-débat «La chasse : massacres et abus de pouvoir» avec Pierre Athanaze, président de l’ASPAS (ASsociation pour la Protection Animaux Sauvages) et auteur du «Livre noir de la chasse»; organisée par La Griffe et le Club de la presse.

FL

viaASPAS.

« Ces animaux qu’on assassine », de Louis Bériot – Le livre du jour – Livre – France Info

 

 

Les hommes qui tuent, ou sont cruels envers les animaux, ne sont pas dignes d’appartenir à la communauté humaine.C’est en substance ce qu’écrit Louis Bériot, ancien directeur de France 2 et auteur de nombreux romans et téléfilms à succès, dans son nouveau livre.

« Ces animaux qu’on assassine » de Louis Bériot © Le Cherche Midi

 

Une enquête exceptionnelle et un cri d’alarme face aux trafics, aux mafias et aux massacres d’animaux.

  • Ces animaux qu’on assassine, de Louis Bériot est publié au Cherche Midi (310 p., 18€)
  • Note : ****
Mot de l’éditeur

En enquêtant au cours des deux dernières années sur la disparition du tigre, Louis Bériot nous apprend que le braconnage et le trafic de ce félin mythique sont l’arbre qui cache la forêt des prédations humaines contre la faune sauvage. Derrière « ces animaux qu’on assassine », c’est la planète tout entière qui est mise à mal, ses forêts, ses océans, ses barrières de corail, ses fleuves, ses lacs…

L’auteur révèle que l’épicentre du trafic se situe en Asie et que les grandes mafias du monde ont désormais supplanté les petits braconniers qui tuaient pour survivre. Leurs pièges rudimentaires ont été remplacés par des guerriers équipés d’hélicoptères, de kalachnikovs et de GPS. Un exemple : il y a dix ans, une demi-douzaine d’éléphants étaient massacrés chaque jour en Afrique pour leur ivoire ; en 2011, ce chiffre dépassait la centaine. Peu surveillé, diffus, très rémunérateur et rarement sanctionné, le trafic des animaux est maintenant démultiplié par les ventes sur Internet. Il est considéré aujourd’hui par les instances internationales comme la principale activité criminelle devant celle des drogues, des armes et des humains. L’auteur dénonce aussi la responsabilité des nations sur tous les continents. Il décrit aussi les combats courageux, et souvent dangereux, de centaines d’ONG pour enrayer ce fléau.
Une enquête détaillée et inquiétante. Un véritable réquisitoire contre le comportement des humains.

 

via« Ces animaux qu’on assassine », de Louis Bériot – Le livre du jour – Livre – France Info.

Danse avec le loup –

Le réalisateur poitevin Thierry Mauvignier s’efforce, à travers un livre-DVD, de réhabiliter un animal fascinant et décrié depuis la nuit des temps.

… Thierry Mauvignier. – (dr)

En 2004, il avait déjà sorti un DVD sur les loups. Récemment, le Baillargeois Thierry Mauvignier vient compléter son travail en éditant lui-même un livre-DVD sur ces animaux (1) .
Ce natif d’Indre-et-Loire, actuel président de la Maison de la forêt à Montamisé, n’en est pas à son coup d’essai. Amateur de faune et de flore, on lui doit entre autres des courts métrages sur le Clain et la Vallée des singes.

Une réputation de férocité non fondée

Fort d’une formation de projectionniste et d’un talent de dessinateur (il est l’auteur des croquis de son livre), Thierry Mauvignier a su développer une réelle poésie autour de cet animal mythique qui souffre depuis le christianisme « d’une réputation de férocité non fondée ».
Au fil des pages, on découvre quantité de petits textes ludiques savamment agencés. Thierry Mauvignier nous transporte dans l’univers du canidé, dans son mode et ses lieux de vie, ses moyens de communication, d’alimentation, son histoire au cours des siècles, sa réapparition controversée. On découvre également des expressions du langage courant et de nombreux toponymes présents dans notre pays.

Superbes photos de Jean-Luc Audy

A pas de loup, entre légende et réalité, l’auteur réussit à éveiller notre intérêt pour cet animal injustement décrié qui se révèle pourtant être un parfait garant de l’équilibre naturel de la sylviculture et de la viabilité écologique des écosystèmes. Les superbes photos de Jean-Luc Audy, prises dans les parcs de Gévaudan et de Chabrières, participent à ce voyage.
À l’approche des fêtes de fin d’année, ce bel ouvrage réussit à émouvoir petits et grands, et à réhabiliter le loup dans nos coeurs comme un animal respectable, telle la louve de Romulus et Remus.
Peut-être l’avenir du loup dépend-il de notre faculté à cohabiter avec lui, comme le font nos voisins européens ?
Laissez vous pénétrer par la musique de Michel Duponteil et glissez votre regard dans celui du Canis lupus, dit le loup, et la magie opérera sans aucun doute.

(1) L’auteur remercie particulièrement toute son équipe sans laquelle cet ouvrage n’aurait pas pu voir le jour ainsi que les infographistes Karine Richard et Christophe Olivier.
Sortie du livre DVD début 2012. Pour le commander, mauvignier.thierry@ neuf.fr ou tél. 06.75.91.35.84

Violaine Escoffier

viaNouvelle République : Danse avec le loup –.

Livres : Houellebecq : «Mon chien a partagé ma vie»

Michel Houellebecq et le lauréat du Prix 30 Millions d'Amis 2011, Erwann Créac'h.
Michel Houellebecq et le lauréat du Prix 30 Millions d’Amis 2011, Erwann Créac’h.

Juré du Prix littéraire 30 millions d’amis, l’auteur de La Carte et le territoire, prix Goncourt 2010, parle de son chien disparu et explique pourquoi il aime les animaux.

Le Figaro – Vous avez la réputation d ‘être quelqu’un de farouche. Pourquoi avez-vous accepté de rejoindre ce jury littéraire?

Michel Houellebecq – (Il réfléchit) Parce que j’aime vraiment les animaux. Et puis ça m’intéressait de lire des livres animaliers. Ça ne me serait jamais venu à l’idée avant.

Qu’avez-vous pensé du livre d’Erwann Créac’h qui a reçu le prix?

C’est une série de nouvelles avec un personnage récurrent, un vétérinaire urgentiste qui intervient chez les gens. Il découvre l’animal et en même temps son contexte familial. C’est une traversée de la société vue par le filtre de l’animal. Chaque personnage a une relation particulière avec son animal. Mais leur réaction face à la maladie est identique. La maladie et la mort nous égalisent.

Vous-même, vous avez perdu votre chien Clément au printemps…

Clément a partagé ma vie. C’était un animal assez timide. Parfois, il restait enfermé derrière une porte pendant des heures sans appeler. Un humain ne ferait jamais ça, il crierait. Je trouve ça très émouvant, cette façon d’attendre, cette confiance. Le chien dépose sa vie entre vos mains. Il vous rend totalement responsable de sa survie. L’enfant aussi. Mais l’enfant n’a pas le choix. Le chien se donne librement. Il a une confiance totale. Les humains ne font pas ça. Mais on a aussi des points communs avec les animaux, sexuellement par exemple. Nous sommes des animaux.

Est-ce que vous pourriez adopter un autre chien?

Le temps de deuil peut-être plus ou moins long. Pour le moment, c’est hors de question. Mais je changerai dans quelques années sans doute, comme tout le monde. Il n’y a pas de raison que je fasse exception.

Avez-vous déjà pensé écrire un roman dont le narrateur serait un animal?

Quand je vois les chiens attachés à l’entrée des supermarchés et qui attendent leur maître, je me demande comment ils voient les passants qui entrent et sortent. C’est difficile à faire mais c’est intéressant de s’entraîner à avoir leur regard, à éprouver ce qu’ils ressentent en voyant les humains s’agiter. Il y a beaucoup de choses que les animaux ne comprennent pas. Pour écrire, il faut être comme ça, dans un état de semi compréhension. C’est un état d’esprit poétique. En étant séparé, on voit les choses de façon un peu étrange. Dans le meilleur des cas, je me sens comme ça, loin de l’humanité.

Quels sont vos animaux préférés?

J’aime beaucoup d’animaux. Mais il n’y en a pas beaucoup qui peuvent être des animaux domestiques. Par exemple, j’aime beaucoup les cochons mais ce serait trop compliqué d’adopter un cochon. Pourtant, ce sont des animaux qui gagnent à être connus.

LIRE AUSSI :

» Les animaux ont aussi leur Goncourt

viaLe Figaro – Livres : Houellebecq : «Mon chien a partagé ma vie».

L’atlas des mammifères sauvages du Poitou-Charentes – à lire

 

Un recueil de 304 pages. Un recueil de 304 pages. – (dr)

Cet ouvrage de 304 pages paru en juillet est une référence sur l’état des connaissances pour l’ensemble des 96 espèces de mammifères sauvages présents en Poitou-Charentes. Avec plus de 48.000 données collectées entre 1985 et 2008, tous les mammifères sauvages sont concernés par cet inventaire.

Rens. Vienne Nature tél. 05.49.88.99.04. 24 € (+ port éventuel).

viaNouvelle République : L’atlas des mammifères sauvages du Poitou-Charentes – à lire.

Les liens de l’eau, En Brenne, une société autour de ses étangs (description)

Les liens de l’eau

En Brenne, une société autour de ses étangs
InfoLes commandes en ligne se font via le site du comptoir des presses d’universités (lcdpu.fr).

Livre broché – 60,00 € 57,00 €  (-5 %) | Ajouter au panier Ajouter

:: Résumé    :: Sommaire    :: Détails

Des étangs par milliers dans la Brenne, dit-on. Mais qui peut les compter ? Parce que cette contrée humide et secrète au cœur de la France n’avait pas encore été considérée par l’anthropologie, Geneviève Bédoucha, ethnologue spécialiste des rapports entre gestion de l’eau et société (Maghreb, Yémen), a eu la curiosité d’entrer, pour plusieurs années, dans ce milieu si particulier, parmi les eaux moins dormantes qu’il n’y paraît, dont carpes et brochets ont longtemps fait la richesse. Elle en rapporte une étude, colorée autant que savante, sur « les liens de l’eau » dont elle montre qu’ils structurent la société entière. Son analyse, s’appuyant sur des sources historiques, démêle les liens nécessaires et complexes qui se sont instaurés entre les propriétaires d’étangs, exploitants piscicoles, mais aussi entre ces derniers et les agriculteurs alentour, éleveurs de bétail. Car la gestion de l’eau, bien que reposant sur une tradition, exige des arrangements sans cesse à réinventer. Tissu d’obligations multiples et réciproques, dont Geneviève Bédoucha, passant de château en ferme, et d’étang en étang les jours de pêche, dessine la trame dans toutes les nuances à la fois d’opposition sociale et de solidarité que la parole aujourd’hui dévoile.

 

Langue français
Co-éditeur QUÆ Éditions
ISBN-10 2-7351-1326-4
ISBN-13 978-2-7351-1326-2
Année de publication juillet 2011
Prix recommandé 60,00

viaLes liens de l’eau, En Brenne, une société autour de ses étangs (description).

Les mémoires de Marcela Iacub, carnivore repentie

Marcela Iacub pointe les paradoxes d’une société qui tolère l’abattage mais s’indigne de la maltraitance.

Marcela Iacub, juriste expérimentée, avait jadis un sacré coup de fourchette. Adolescente, cette jeune fille qui troublait son boucher dévorait la chair animale sous toutes ses formes. Pas une brochette, une terrine, un morceau de viande sanguinolent qui n’échappassent à sa mâchoire. Bref, Marcela Iacub était une carnivore impénitente et vorace. Sous l’influence d’une grand-mère autoritaire, elle s’imprègne d’un humanisme carnivore, cette vision du monde qui fait de l’homme le suprême prédateur ayant droit de vie et de mort sur le règne animal. C’est ce triomphe sans partage du maître humain, fourchette et couteau aiguisé à la main, exerçant sa puissance sur la victime animale qui la fait réfléchir. Dans cette autobiographie d’une carnivore repentie, Marcela Iacub ne nous sert pas seulement une bonne tranche de vie. C’est avec son habituel regard de juriste qu’elle démonte les délicats montages du droit qui différencient le licite et l’illicite, et construisent la singulière, parfois, qualification délictueuse. Dans sa vie, c’est sa chienne qui la mène sur la voie de la rédemption végétarienne. Une profonde empathie lie les « demoiselles » au point que le lecteur ne sait plus qui tient l’autre en laisse. Mais la juriste remet le couvert lors d’un événement exceptionnel. Dans le prétoire, un propriétaire zoophile est accusé de sévices sexuels à l’envers de son charmant poney Junior. Par contre, le code pénal ferme les yeux sur le gavage des oies, la corrida et les combats de coqs.

La mise à mort de masse est autorisée mais on réprime la moindre souffrance inutile. La mort est l’horizon de la vie animale mais sa souffrance d’être vivant est indigne. C’est au nom de la sensibilité animale que les juges supposent seulement l’éventualité d’une souffrance chez le poney Junior, sodomisé sans être martyrisé. La pénétration ? A peine une caresse ou une tape sur l’encolure à la différence des pauvres poules « violées ». Tel est le gigantesque paradoxe : il est interdit de maltraiter d’un animal alors que les abattoirs de l’hécatombe fonctionnent jour et nuit. A part quelques emportements conventionnels de carnivore révulsée, ce qu’écrit Marcela Iacub est toujours intelligent. Elle s’est mise, sans retour, au tofu et à la salade. Bon appétit !

Actes de naissance – livre de Elisabeth de Fontenay –

Entretien

3Il relève à la fois de l’exercice autobiographique et du « ce que je pense » – plutôt que « ce que je crois » -, ce long entretien passionnant avec la philosophe Elisabeth de Fontenay, auteur du Silence des bêtes (éd. Fayard, 1998), mené par l’universitaire et journaliste Stéphane Bou.

Les premières questions guident Elisabeth de Fontenay vers l’enfance : née en 1934, grandie dans une famille catholique engagée dans la Résistance durant l’Occupation, elle dut attendre d’être une jeune femme pour apprendre la judéïté de sa mère et l’extermination de toute la famille de cette dernière à Auschwitz. Farouchement entretenu par sa mère elle-même, ce secret fonde son existence, sa volonté initiale d’investir intellectuellement « les choses juives », puis, prenant acte « du nouage dans l’histoire contemporaine entre les animaux et les Juifs », sa décision de déplacer le centre de gravité de sa réflexion philo­sophique vers la question de l’animal – son statut, sa place, le regard et l’attitude des hommes à son endroit.

Extrêmement riche, et d’une clarté constante, l’entretien examine de près ce « nouage », pour s’ouvrir vers une réflexion à la fois rigoureuse et très émouvante sur la « vulnérabilité des vivants ». Inscription dans la tradition philosophique, souci éthique et volonté politique vont ensemble pour cette femme qui, en tant qu’individu, se définit comme un « processus », une conscience et une intelligence toujours en « équilibre précaire et en devenir » – une subjectivité et une pensée en mouvement.

Nathalie Crom 

Telerama n° 3194 – 02 avril 2011

viaActes de naissance – livre de Elisabeth de Fontenay – Critique – T�l�rama.fr.

Vous interview Isabelle Saporta, auteur du «Livre Noir de l\’agriculture»

Isabelle Saporta, journaliste et auteur du «Livre Noir de l’agriculture» (Fayard)Isabelle Saporta, journaliste et auteur du «Livre Noir de l’agriculture» (Fayard) Jean-Marc Gourdon

VOS QUESTIONS – Alors que débute le Salon de l’agriculture à Paris, Isabelle Saporta répondra mardi à toutes vos questions sur l’agriculture intensive et ses dérives à partir de 15h…

Manger peut-il nuire à notre santé? C’est le titre d’un documentaire diffusé mercredi 16 février sur France 3 et réalisé par Isabelle Saporta, journaliste, qui publie ce mois-ci «Le Livre Noir de l’agriculture. Comme on assassine nos paysans, notre santé et l’environnement» (Fayard). Pendant deux ans, elle a parcouru les campagnes françaises et démontré l’absurdité du système d’agriculture intensive.

Manger une pomme, habitude alimentaire a priori saine, devient ainsi beaucoup moins rassurant lorsqu’on apprend que les producteurs les aspergent de 26 traitements avant de les cueillir et que l’on retrouve cinq résidus de pesticides différents lorsqu’on les analyse. Avec quelque 76.000 tonnes de pesticides utilisés par an, la France est le plus gros utilisateur en Europe. Et la moitié des antibiotiques de France serait consommée par des porcs.

Déjà auteur de «Ne mâchons pas nos maux. Consommons autrement pour vivre mieux» (Robert Laffont) sur la malbouffe, Isabelle Saporta a longtemps préparé les émissions de Jean-Pierre Coffe «Ça ne se bouffe pas, ça se mange» sur France Inter.

Elle sera l’invitée de la rédaction, posez-lui toutes vos questions sur l’agriculture française, la dérive du système de production intensive et votre alimentation (dans les commentaires ci-dessous). Elle y répondra mardi à partir de 15h.

M.B. avec A.C.

viaVous interview Isabelle Saporta, auteur du «Livre Noir de l\’agriculture» – 20minutes.fr.

Sortie aux éditions One Voice : Le Cochon qui chantait à la lune – ONE VOICE sur LePost.fr

 

le Cochon qui chantait à la lune

Le dernier livre de J. M. Masson sort aux éditions One Voice ! Découvrez, à travers une multitude de témoignages et d’observations, la vie émotionnelle des animaux de ferme, dont la sensibilité demeure méconnue du plus grand nombre.
Une collaboration passionnante
Jeffrey Moussaïeff Masson et One Voice ont décidé de s’associer pour l’édition de la traduction française du « Cochon qui chantait à la lune ». Pour cet auteur de best-sellers, spécialiste de la vie mentale des animaux, comme pour l’association, un seul objectif : contribuer à ce que les animaux soient mieux connus du grand public, pour mettre un terme à leur exploitation. Avec ce livre, l’accent est mis sur les animaux élevés dans les fermes : cochons, vaches, moutons, chèvres, poules et canards.

Des cochons surprenants

Dans son nouveau livre, Masson fait définitivement tomber les idées reçues concernant les cochons. Leur personnalité, autant que leurs comportements sociaux et leurs préférences alimentaires les font étrangement ressembler à nos semblables. Il décrit des animaux intelligents et attachants, qui remuent la queue comme les chiens lorsqu’ils sont contents et sont capables d’aimer les humains, sans doute bien plus que de raison…

Des poules qui câlinent

Masson raconte aussi comment se comportent les poules lorsqu’elles ne craignent pas l’humain, rapportant notamment le cas de certaines aimant beaucoup se faire câliner… Il relate aussi l’histoire de l’une d’entre elles, particulièrement taquine, qui prend un malin plaisir à faire sursauter un chat. Les poules acquièrent grâce à lui une identité, et s’avèrent, bien plus que des volatiles stupides, des oiseaux sensibles capables de choses surprenantes lorsqu’on leur permet seulement d’exister et de nous faire confiance !

Des facéties des chèvres aux canards pacifiques

A travers une multitude d’anecdotes, de rencontres et d’observations, Masson lève le voile sur les animaux les plus intensément exploités. Il nous livre ainsi de fascinants témoignages sur les facéties des chèvres et leur grande intelligence, mais aussi de belles histoires d’amitiés entre des moutons ou des veaux et, plus surprenant encore, celles de canards pacifiques et altruistes…

Changer le regard

Au fil des pages, on comprend que si nous ignorons tant de choses à propos de ces animaux, c’est sans doute parce que nous ne voulons pas les connaître, pour pouvoir continuer à les exploiter – impunément. Car une fois que l’on a ouvert les yeux sur le trésor de leur existence, on ne peut plus les considérer comme d’insensibles machines à produire…

Agir ensemble

Vous pouvez nous aider à sensibiliser le plus grand nombre à la vie émotionnelle des animaux des fermes en achetant ce livre et en l’offrant à vos proches.

«  (…) faisons preuve de sagesse, de justice et de compassion.
C’est bien le minimum nécessaire ». (JM Masson)

Jeffrey Moussaieff Masson

J.M. Masson est un auteur américain, aujourd’hui installé en Nouvelle-Zélande. Titulaire d’un doctorat de l’université de Harvard (en sanskrit), et diplômé de l’Institut de psychanalyse de Toronto, il a été directeur de projet des Sigmund Freud Archives Inc.

Il est connu pour ses publications concernant la vie émotionnelle des animaux. Il a notamment écrit « Quand les éléphants pleurent – La vie émotionnelle des animaux » (Albin Michel, 1997), et « Un chien ne ment jamais en amour », (Albin Michel, 1997), tous deux best-sellers ayant connu un succès international.

Totalement opposés à toute forme d’exploitation de l’animal, lui et son épouse, qui est pédiatre, sont vegans et leurs enfants sont végétariens. Il est convaincu, comme One Voice, de la valeur qui réside en toute vie, qu’elle soit humaine ou animale. Y porter atteinte, de quelque manière que ce soit, constitue selon lui une grave injustice et c’est ce qu’il essaye de montrer dans ses livres.

Extrait de l’avant-propos :
« (…) La plus terrible de toutes les injustices consiste à ôter la vie à un animal, QUEL QU’IL SOIT, car il ne peut plus exprimer sa raison d’être qui est simplement d’être, d’exister et de faire tout ce à quoi son évolution l’a conduit : ressentir des émotions, nouer des relations, vivre en liberté dans un environnement naturel sans être exploité par un autre être. Il n’existe aucune excuse pour tuer un animal et nous devons nous garder des tentatives de justification au nom de la nécessité ou d’un droit divin. Félicitations à One Voice pour avoir pris au sérieux cette philosophie et pour l’avoir mise en pratique.»

 


Le Cochon qui chantait à la lune
de Jeffrey Moussaieff Masson

Le monde émotionnel des animaux de ferme

Commander le livre

Accéder au site : http://www.one-voice.fr


viaSortie aux éditions One Voice : Le Cochon qui chantait à la lune – ONE VOICE sur LePost.fr.

\ »Réflexions sur la condition faite aux animaux\ » de Françoise Armengaud | Général | Le blog de L214

 

En début d’année est paru le livre de Françoise Armengaud « Réflexions sur la condition faite aux animaux », aux éditions Kimé.

La presse n’en a guère parlé. C’est injuste. Quand paraît un livre d’Elisabeth de Fontenay ou de Florence Burgat, les médias s’en font (à juste titre) l’écho. Alors que Françoise Armengaud, qui connaît très bien les travaux des deux premières, et qui comme elles travaille depuis longtemps, en philosophe, sur la question animale n’a apparemment pas inspiré les journalistes. Peut-être un effet de la parution simultanée du livre de Foer, qui lui a eu (tant mieux) une couverture média incroyable. Il ne restait plus de place apparemment pour évoquer l’ouvrage de F. Armengaud qui, il faut bien le reconnaître, est plus difficile à présenter et commenter.

Si on lit la quatrième de couverture (ce à quoi on accède en allant sur les librairies en ligne), on ne se sent pas vraiment éclairé sur le contenu.

C’est que le livre est quasiment impossible à résumer parce que c’est un recueil d’articles écrits à diverses périodes (plusieurs gros articles sont récents) et sur divers thèmes, et que sur chaque thème, le travail de documentation et de réflexion qu’à fait l’auteur est très dense.

Tout ce qu’on peut dire de façon générale , c’est que Françoise Armengaud fait partie des philosophes qui analysent et condamnent le spécisme. Ce qui ne signifie pas du tout que si vous achetez le livre, vous allez y trouver la redite de ce que vous avez lu ailleurs dans vos écrits favoris sur spécisme ou droits des animaux.

Ces quelques mots de l’introduction de l’ouvrage donnent une idée du fil conducteur de sa réflexion :

<< Une question ma hante, sans cesse répétée : pourquoi la condition faite par les hommes aux animaux est-elle si atroce et impitoyable? Pourquoi les humains, a priori pas plus méchants les uns que les autres, ou que d’autres espèces, sont-ils si odieux avec les animaux? Que les humains soient également odieux entre eux n’arrange rien, est simplement à verser au dossier.

Quelque part un échec (non désigné comme tel dans les traditions éxégétiques) nous invite à formuler une question. Pourquoi l’envoyé du Seigneur, qu’on dit être l’archange Gabriel, se montra-t-il si paresseux, négligent, indolent, inattentif, distrait, nonchalant, épuisé, harassé, courbatu, étourdi, qu’il ne se précipita point une seconde fois pour arrêter le bras docile du patriarche afin de protéger aussi le bélier du couteau ? Pourquoi ne sut-il s’aviser de proposer en lieu et place quelque arbuste, fruit ou aromate? La face du Temple en eut été changée, et pas seulement elle.>>

Trois exemples de thèmes traités dans de (gros) articles de ce recueil.

=> « Du sacrifice des animaux, ou comment l’absurde et le cruel se sont parés des plumes de l’intelligible »‘. Le point de départ est une réflexion sur un argument parfois opposé au végétarisme : l’affirmation du caractère symbolique et fondateur du sacrifice et du meurtre rituel. Là dessus, F. Armengaud se livre à une enquête sur le sacrifice dans différentes civilisations, sur les interprétations qu’en ont donné les anthropologues, propose elle-même une partition en deux types de sacrifices où les victimes ont des statuts différents (et le sacrifice une signification symbolique différente), et conclut qu’elle n’est pas convaincue que le sacrifice soit l’explication ultime de la violence envers les animaux. Rien ne prouve qu’il soit « fondateur » au sens de nécessaire.

=> « Sur quelques sophismes touchant les droits des animaux ». Contient un parcours des divers sophismes conduisant à mépriser les animaux, mais aussi deux passages faisant un point bien documenté sur l’abattage rituel et la corrida.

=> « Anthropomorphisme, vraie question ou faux débat? » Essai dont l’objet est ainsi défini par l’auteur : <<Je voudrais montrer que telle qu’elle est utilisée aujourd’hui dans la plupart des textes et des conversations ou débats, l’accusation d’anthropomorphisme vise essentiellement à porter le discrédit intellectuel sur certaines propositions (et sur les personnes les soutenant) non conforme à l’idéal scientifique en vogue, et allant à l’encontre de la pratique normale de la science et de la pratique normale des affaires. Et qui utilise aujourd’hui ce terme? Dans quels discours le trouve-t-on? Là où il y a des résistances à la prise en compte du bien-être animal, dans les revues professionnelles et chez certains zootechniciens.>>

Il y a aussi pas mal d’articles (toujours sur la question des animaux) portant sur des oeuvres philosophiques, littéraires, picturales ou cinématographiques. Faute de culture en la matière, je ne suis pas la lectrice idéale pour les apprécier. Mais certains sont très instructifs comme ce texte consacré au cochon dans l’Europe médiévale où l’on apprend des choses sur les chrétiens par rapports au juifs et une origine possible de l’invention par les chrétiens du mythe des juifs dévoreurs de petits enfants (chrétiens).

Estiva

via\ »Réflexions sur la condition faite aux animaux\ » de Françoise Armengaud | Général | Le blog de L214.

Livre – Viandes : la barbarie des élevages américains dénoncée

Véritable best-seller, « Faut-il manger les animaux ? » (Ed. de l’Olivier) dénonce avec force les modes d’élevage et d’abattage employés aux Etats-Unis. La Fondation 30 Millions d’Amis, qui œuvre pour l’amélioration des conditions de vie de ces animaux qui nous nourrissent, a sollicité l’avis d’un expert sur ces problématiques.

L’auteur a constaté l’horreur des fermes américainesQue l’on soit grands carnivores, consommateurs avertis ou végétariens convaincus, nous devons avoir le courage de parcourir ce livre. Loin d’être un plaidoyer pro-végétarisme, l’ouvrage « Faut-il manger les animaux ? » de Jonathan Safran Foer a un seul objectif : informer le consommateur sur la réalité de l’élevage industriel moderne. A l’aide d’exemples concrets, de chiffres précis et d’anecdotes personnelles, la jeune coqueluche du milieu littéraire new-yorkais parvient à donner un visage à cette immense industrie, mais aussi à remettre en cause l’ensemble des liens que nous entretenons aujourd’hui avec les animaux que nous côtoyons. Du chien, notre compagnon… à la poule ou à la vache que nous consommons ! C’est sans doute l’une des clés du succès de ce best-seller aux Etats-Unis, en passe de connaître le même sort en Europe.

USA : un constat terrifiant

Animaux entassés, difformes, drogués de médicaments, gavés d’antibiotiques. Poussins hachés vivants. Cochons et vaches à qui l’on scie les pattes sans anesthésie. Dindes gazées. Poulets ébouillantés vivants… Dans les fermes industrielles américaines décrites par Jonathan Safran Foer, les conditions dans lesquelles vivent et meurent les animaux sont effroyables. Et autorisées. Car aux Etats-Unis, ces structures sont régies par des Common Farming Exemptions (sortes de dérogations) qui « rendent légale toute méthode d’élevage tant que celle-ci est une pratique courante du secteur […]. En d’autres termes, « Si l’industrie adopte une pratique […], celle-ci devient automatiquement légale », précise l’auteur. Ainsi, aucun texte législatif ne protège les volailles, seules les pratiques font figures de règle. Au nom de la productivité et de la rentabilité, tout est donc permis, même les techniques les plus effroyables et inhumaines.

Mais ce n’est pas tout. Outre les très nombreuses questions éthiques que posent ces méthodes, leurs conséquences directes sont également d’ordre écologique et sanitaire : épidémies diverses nées dans ces structures, toxicité de la chair animale consommée (à cause du stress et des souffrances subies), etc. « Le secteur de l’élevage industriel participe au réchauffement planétaire pour 40 % de plus que l’ensemble des transports dans le monde ; c’est la première cause du changement climatique » précise en outre l’écrivain.

« L’Europe est en avance en matière de bien-être animal »

Le consommateur européen doit-il se sentir concerné par ces atrocités, qui semblent être la règle et non l’exception outre-Atlantique ? Pour Ghislain Zuccolo, président de la PMAF*, « Ce système est propre aux pays anglo-saxons, où le principe de libre entreprise implique que la règlementation soit réduite au stricte minimum. Il existe des règles de bonne conduite, mais qui ne sont pas contraignantes ». Contrairement à la France, qui doit se soumettre aux directives européennes : la Directive 98/58/CE du Conseil du 20 juillet 1998 constitue ainsi la base de la réglementation communautaire relative à la protection des animaux dans les élevages, et fixe des règles générales sur les conditions d’hébergement, l’entretien des animaux et les méthodes utilisées.

Pour le président de la PMAF, l’ouvrage est en outre contestable sur un point : pour Jonathan Safran Foer, les produits labellisés « bio » ou « plein air » ne sont qu’une vague imposture. « Or les critères de ces labels ne sont pas les mêmes en France qu’aux Etats-Unis. Dans notre pays, ils répondent à des exigences précises et font l’objet de contrôles rigoureux. Nous craignons que les lecteurs de ce livre ne fassent un amalgame et cessent de consommer ces produits de qualité », précise-t-il. Ainsi, en jetant l’opprobre sur ces labels qui, en France et en Europe, respectent de nombreux critères, Jonathan Safran Foer discrédite un secteur sérieux et prometteur.

Ghislain Zuccolo concède cependant que notre système est loin d’être parfait : « Même si l’Europe est en avance en matière de bien-être animal, certains animaux ne bénéficient d’aucune mesure protectrice, à l’instar des dindes ou des vaches laitières, et on peut dans certains cas soupçonner les mêmes excès constatés aux Etats-Unis. Et il y a encore beaucoup de progrès à réaliser, notamment dans le transport des animaux. » Il cite également la prochaine réglementation européenne relative aux poulets de chair, « qui autorisera 22 poulets par m². » Imaginer 22 poulets entassés dans un mètre carré ne peut que choquer ceux qui défendent le bien-être animal !

Un ouvrage qui s’adresse au consommateur

L’ouvrage de Jonathan Safran Foer s’adresse avant tout au consommateur qui mange cette nourriture « produite dans la douleur ». « Lorsque nous mangeons de la viande issue de l’élevage industriel, nous nous nourrissons littéralement de chair torturée », analyse-t-il.

La Fondation 30 Millions d’Amis, qui œuvre aux côtés d’autres organismes comme la PMAF pour une meilleure information, mais aussi une responsabilisation du consommateur, recommande la lecture de cet ouvrage. Un avis partagé par Ghislain Zuccolo : « C’est un livre très bien conçu, malgré ses maladresses, concède-t-il. Il peut être lu par beaucoup de gens, car il s’adresse à la fois aux amis des animaux et aux consommateurs lambdas. » C’est sans doute sa grande force.

La Fondation mène actuellement une enquête approfondie auprès de divers organismes de protection animale et du ministère de l’Ecologie pour connaître précisément les conditions et l’impact de l’élevage industriel en France.

faut-il manger les animauxFaut-il manger les animaux ?
De Jonathan Safran Foer
Editions de l’Olivier, janvier 2011
Prix indicatif : 22 euros

 

 

*Protection Mondiale des Animaux de Ferme

Photo : © Franck Boston – Fotolia.com

Article publié le : 24-01-11

viaLivre – Viandes : la barbarie des élevages américains dénoncée.

Sortie en février du 3ème livre de Sandrine Delorme \ »Le cri de la carotte\ » – CLEDA

[…] Je suis devenue végétarienne parce que j’ai compris ce qui se cachait de l’autre côté de mon assiette. Pour le veau, comme pour tout autre animal devenu viande. Je n’avais alors aucune idée des conséquences, ni de la longue évolution qui m’attendait, ni de brusquement devenir, simplement parce que je changeais mon alimentation, une sorte d’objecteur de conscience. […]

0110 oLes mouvements pour le végétarisme, pour le véganisme et pour les droits des animaux ne cessent de préoccuper les consciences collectives et s’invitent de plus en plus souvent dans les médias.

 

Sandrine Delorme, à travers un récit de vie, drôle, nourri par de nombreuses réflexions, répond avec brio à une foultitude de questions : qui sont les « VG » ? Pourquoi et comment devient-on végétarien, végétalien, végane, militant de la cause animale ? Quels liens avec le bio, l’écologie, la décroissance ? Pourquoi s’occuper d’animaux plutôt que des humains ? Et quid des végétaux ? Enfin, les animaux ne se mangent-ils pas entre eux ?…

Le cri de la carotte propose de s’orienter vers une réflexion commune pour la cause animale; en effet, depuis quand un comportement ancré dans nos habitudes lui confère-t-il une légitimité ?

Aux omnivores, aux apprentis végétariens ou aux activistes des droits des animaux, cet ouvrage suggère de nombreuses pistes et aide chacun d’entre nous à élargir le champ de son humanité.

Préface de Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement de Paris, où les cantines scolaires servent depuis janvier 2009 un repas végétarien hebdomadaire.

 

Sandrine Delorme, outre son combat pour les animaux, est orthophoniste dans deux centres médico-psychologiques pour enfants du XVIIème arrondissement parisien. Elle est également l’auteure de deux recueils de nouvelles pour adultes, « N’aie jamais d’enfant » et « L’Entière Vérité », parus en mai 2010.

Plus d’information sur :

– son site d’auteure : http://www.afleurdeplume.com

– son blog d’auteure et de militante : http://afleurdeplume.over-blog.com

 

Les éditions Les points sur les i » ont été créées le 22 août 2000 et ont publié, à ce jour, un peu plus de 137 ouvrages, produit trois disques et créé une trentaine d’expositions. La ligne éditoriale des éditions repose sur une démarche engagée qui soutient les ouvrages proposant une réflexion sur des problématiques telles que la paix, l’immigration, le travail, les violences faites aux femmes, le syndicalisme, les sciences sociales et humaines, quelle que soit leur forme, récits, essais, romans, biographies, poésie, théâtre, expositions, DVD…

Vous pouvez d’ores et déjà commander le livre auprès des éditions les points sur les i. Vous aurez une réduction de 5 % et une dédicace de l’auteure !

viaSortie en février du 3ème livre de Sandrine Delorme \ »Le cri de la carotte\ » – CLEDA.

Ces bêtes qu’on abat… – Essais – Bibliobs

Alors que paraît le récit de la conversion au végétarisme de Jonathan Safran Foer, jamais les défenseurs des animaux n’ont eu une telle audience. Enquête sur un nouvel engouement intellectuel

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Né en 1977 à Washington, DC, Jonathan Safran Foer est l'un des jeunes auteurs américains les plus en vue, depuis la parution de son premier roman, "Tout est illuminé", sacré meilleur livre de l'année 2002 par le supplément littéraire du "Times". Il publie en janvier 2011 "Faut-il manger les animaux?" (l'Olivier).  ©EPS/Rex Features/Sipa Né en 1977 à Washington, DC, Jonathan Safran Foer est l’un des jeunes auteurs américains les plus en vue, depuis la parution de son premier roman, « Tout est illuminé », sacré meilleur livre de l’année 2002 par le supplément littéraire du « Times ». Il publie en janvier 2011 « Faut-il manger les animaux? » (l’Olivier). ©EPS/Rex Features/Sipa

Avertissement aux lecteurs: une fois refermé l’essai de Jonathan Safran Foer, votre vie risque de changer pour de bon, et pas nécessairement dans un sens très confortable. Impossible d’ouvrir un réfrigérateur où trônent quelques reliefs de poulet, sans avoir le sentiment d’être un serial killer lâche et particulièrement vicieux. Impossible de repenser aux tonnes de saumon d’élevage engloutis au dernier jour de l’an sans être assailli par l’image de millions de créatures aux yeux ensanglantés, croupissant dans des bassins fétides, livrés à la férocité des poux de mer. Le petit prince des lettres américaines, auteur en 2002 de «Tout est illuminé», roman évoquant le sauvetage de sa grand-mère juive ukrainienne, s’est converti au végétarisme strict après la naissance de son fils. Trois années plus tard passées à enquêter dans les fermes-usines, à discuter avec des employés d’abattoirs et des militants d’associations animalitaires, il livre un réquisitoire à sensations fortes contre l’élevage industriel, et plus généralement, contre la consommation de chair sous toutes ses formes.

Sur le même sujet

Paru l’an dernier aux Etats-Unis, «Faut-il manger les animaux ?» («Eating animals») y est instantanément devenu un phénomène de librairie et même de société. Salué par le prix Nobel J. M. Coetzee, discuté jusque dans le «Larry King Live», le célèbre talk-show de CNN, où Jonathan Foer fut confronté à un cuisinier vedette très remonté, le livre a aussi été un succès lors de sa parution en Allemagne et en Italie. Ce retentissement doit beaucoup à la personnalité de l’auteur de 33 ans, véritable coqueluche des intellectuels new-yorkais, ainsi que sa femme, la romancière Nicole Krauss. Mais les positions radicales de ce célèbre résident de Park Slope, quartier arty de Brooklyn, ont surtout valeur de symptôme. Au-delà du cas Foer, jamais les positions pro-animales n’avaient rencontré une telle audience au sein des élites occidentales. Pays de l’autosatisfaction gastronomique et de l’indifférence cartésienne supposée à l’égard des « animaux machines », même la France n’y échappe plus, où chaque mois paraissent désormais plusieurs livres relevant de cette mouvance. Ainsi a-t-on pu récemment découvrir le plaidoyer du philosophe Dominique Lestel, «L’animal est l’avenir de l’homme» (Fayard), un recueil de photographies préfacé par la romancière Cécile Guilbert, «Animaux & cie» (Grasset), ou un «Dictionnaire horrifié de la souffrance animale» d’Alexandrine Civard-Racinais, directrice de collection chez Fayard.

Alors qu’on attend pour la fin janvier une réflexion du sociologue Christophe Traïni sur «la Cause animale» (PUF), et un essai d’Alain Leygonie, «Les animaux sont-ils des bêtes ?» (Klincksieck), on annonce déjà pour le mois de mars un autre récit de conversion spectaculaire au végétarisme. Celui de la sulfureuse sociologue Marcela Iacub, qui devrait publier d’étonnantes «Confessions d’une mangeuse de viande», où elle révélera notamment comment la lecture de Plutarque l’a définitivement dégoûtée du steak. Il est vrai que, de Brigitte Bardot à Michel Houellebecq, connu pour son addiction canine, les amis des bêtes ont pris une allure plus rock en vingt ans.

Elevage de poules (©Sipa)

Longtemps ceux-ci ont été perçus comme des terroristes, des puritains, ou des adolescentes excessivement sensibles. Cette image a vécu. La prise de conscience par les populations du traitement souvent atroce réservé aux porcs, aux volailles ou aux veaux dans les élevages hors-sol a changé la donne. Des reportages chocs y ont aidé, à la télévision ou sur internet («Meet your Meat» est une des vidéos les plus visionnées aux Etats-Unis). Si le végétarisme proprement dit reste marginal en France, il est presque devenu banal sur les campus américains.

Au sein de cette prise en compte croissante de la souffrance animale, il importe bien sûr de dégager des degrés. Rien à voir entre les activistes de la Peta, la plus importante association de défense des animaux au monde, et les chercheurs en sciences humaines, qui se bornent à pointer l’humanisme dévoyé ayant fait de nous les maîtres et possesseurs impitoyables d’êtres vivants réduits à l’état de marchandises. Papesse de la réflexion sur l’animalité en France, la philosophe Elisabeth de Fontenay, auteur en 1998 du «Silence des bêtes» (Fayard), a d’ailleurs toujours manifesté la plus grande méfiance à l’égard des chantres de la «libération animale», comme le philosophe australien Peter Singer ou Gary Francione. Autant d’animalistes qui poussent jusqu’à l’absurde la dénonciation des rapports de domination exercés par l’homme sur ses compagnons à poils et à plumes. Le livre de Charles Patterson, «Un éternel Treblinka», en est un autre exemple saisissant. Agitant le spectre d’un vaste génocide animal en cours, l’historien new-yorkais y usait en 2002 de ressorts émotionnels d’un goût franchement douteux.

Comment situer le nouveau livre de Jonathan Safran Foer dans ce champ de forces? Petit-fils de rescapés de la Shoah, l’écrivain ne se réfère jamais à ces courants extrémistes. Le seul Singer qu’il cite c’est Isaac B. Singer [NDLR: sans lien de parenté avec Peter Singer, cité plus haut, auteur en 1993 de «la Libération animale»]. Le prix Nobel de littérature donc, qui, des années après avoir après avoir fui la Pologne occupée par les nazis, comparera les préjugés concernant la hiérarchie des espèces aux «théories racistes les plus extrémiste ». Une intuition proche de celles de Lévi-Strauss, qui considérait aussi que l’Occident avait ouvert un cycle maudit, propice aux exclusions les plus répugnantes, en séparant radicalement l’humanité de l’animalité. Devenu végétarien, Singer alla jusqu’à affirmer que les droits des animaux constituaient la forme la plus pure de justice, car les animaux étaient les plus vulnérables des opprimés. Unique, l’homme l’était éminemment à ses yeux, mais certainement pas d’une façon lui permettant de tenir pour négligeable la sensibilité animale.

Plus prudent, Jonathan Safran Foer ne laisse qu’à de très rares moments du livre affleurer la métaphore génocidaire. Mais au bout du compte, c’est à un niveau plus profond, et à vrai dire plus convaincant, que la question de la souffrance animale entre en résonnance avec l’histoire meurtrie des siens et le judaïsme dans son ensemble. Ainsi le livre de Foer démarre-t-il par une évocation de sa grand-mère, toujours bien vivante et grande spécialiste du «poulet aux carottes», qui, lors de sa fuite éperdue d’Ukraine, avait un jour préféré dépérir de faim plutôt de toucher à la viande non casher qu’un Juste du village lui avait tendu. A son petit-fils incrédule face à un fanatisme alimentaire, à ses yeux déplacé en pareilles circonstances, la vieille dame donnera cette explication: «Si plus rien n’a d’importance, il n’y a rien à sauver.» Une phrase de réveil, qui a de toute évidence servi à l’écrivain pour s’orienter dans une ère technique et industrielle où le rapport au sacré a été forclos en même temps que se brisait le lien unissant les hommes à la communauté des autres vivants.

Dans un abattoir de porcs (©Sipa)

L’adversité qu’a dû affronter Jonathan Safran Foer lors de son enquête de terrain est fort heureusement moins dramatique. Lui, c’est une assiette de «pétales de jambon» tendue par un éleveur enthousiaste qu’il doit habilement repousser à l’issue de la visite d’une installation modèle étrangement appelée «Paradise». «Je suis juif. Et casher», déclare-t-il, planquant derrière sa religion son horreur pour l’abattage des bêtes auquel il vient d’assister. «C’est un peu bizarre d’écrire sur le porc, alors», lui répond l’homme, dubitatif. Sauf que non, ça ne l’est pas. De même qu’on peut comprendre le rôle de déclencheur qu’eut la naissance de son fils dans le parcours de Foer. Un enfant naît. Tout est à nouveau possible. Avant les choses étaient ce qu’elles étaient, maintenant il faut les reprendre. Trouver un sens à ce qui semblait banal. Or justement, le nouveau père ne trouve plus d’autre signification qu’abjecte au fait de manger la chair torturée et compressée en burger que fournit l’élevage industriel – soit 99% de la viande consommée aux Etats-Unis et presque autant en Europe.

La lecture de «Faut-il manger les animaux ?» est parfois une épreuve. Rien n’y est épargné de la situation pitoyable de volailles estropiées, droguées et entassées dans des hangars géants, ou des dizaines de mares emplies de lisier toxique qui s’étendent chacune sur plus de plus 10 000 mètres carrés autour d’une porcherie industrielle. On frémit surtout en songeant aux intenses manipulations génétiques qui font que désormais la quasi-totalité des animaux dits «de rente» sont des «impasses animales», incapables de se reproduire autrement que par insémination artificielle, ou même de se mouvoir normalement. Ceux qui pensent s’en tirer avec la consommation de colin ou de harengs grillés, vis-à-vis desquels l’identification compassionnelle fonctionne évidemment moins, en seront aussi pour leurs frais. Les passages sur la cruauté de la pêche sont parmi les plus effroyables du livre. Quant au mythe du petit éleveur élevant amoureusement ses poulets aux grains, il prend aussi un sérieux coup dans l’aile. Si cet éden «bio» existe, c’est-à-titre d’exception infinitésimale: la plupart des étiquettes jouant de cette pastorale-là relèvent selon l’auteur de l’imposture pure et simple.

Tout passionnant qu’il soit, le livre de Foer n’est pourtant pas sans défaut. Trop de sensationnalisme par endroits, quelques sentences ronflantes («C’est dans nos assiettes que se trouve l’une des plus grandes chances de vivre selon nos valeurs – ou de les trahir.»). Surtout, celui-ci n’établit pas de séparation claire entre deux problèmes somme toute distincts. La massification de l’industrie agroalimentaire d’une part, qui inflige des souffrances inédites aux bêtes et fait peser de graves risques sanitaires sur les populations. Et la question de savoir, d’autre part, s’il est moral de manger de la chair – question à laquelle l’écrivain répond par la négative. Or n’est-il pas possible de concilier l’idée d’un respect dû aux animaux, et même d’une «dette infinie» à leur égard, pour parler comme Dominique Lestel, avec l’acceptation du destin carnivore de l’homme? Faute de soulever la question, Foer en vient à se couler malgré lui dans la caricature du jeune bobo urbain, soucieux d’irréprochabilité éthique, qui ne sait plus appréhender l’animal autrement que sous la forme du fétiche domestique, en l’occurrence son labrador, ou sous celle du poulet de batterie anonyme dont il aperçoit parfois le martyre sur ses écrans.

C’est oublier bien vite les milliers d’années de lutte contre les espèces nuisibles dont chacun de nous est l’héritier. C’est oublier aussi le long processus d’humanisation par la domestication, l’élevage et le domptage, et le rapport non dénué d’égards que des civilisations tout à fait carnivores surent établir avec les animaux. Les travaux de Francis Wolff l’ont, par exemple, montré avec une rare intelligence. Il faut lire à ce sujet sa contribution à l’excellent recueil «Qui sont les animaux ?» (Folio inédit), paru l’an dernier. Auteur en 2008 d’une «Philosophie de la corrida», celui-ci a pourtant peu de chances d’être poliment écouté par les nouveaux fondus de protéines végétales. La vraie question demeure au fond celle-ci: sommes-nous encore capables d’établir un lien autre que barbare avec les animaux que nous mangeons? C’est à l’évidence parce qu’il n’y croyait plus que Jonathan S. Foer a écrit un tel livre.

Aude Lancelin

Faut-il manger les animaux ? par Jonathan Safran Foer,
trad. de l’anglais (Etats-Unis) par Gilles Berton et Raymond Clarinard,
Editions de l’Olivier, 364 p., 22 euros.

Source: « Le Nouvel Observateur » du 13 janvier 2011.

viaCes bêtes qu’on abat… – Essais – Bibliobs.

Interview Jonathan Safran Foer

Propos recueillis par Michel Schneider

Le Point : Pourquoi ce livre ?

Jonathan Safran Foer : J’écris toujours sur ce que je ressens, sur ce qui me soucie, sur le futur, plus que sur le passé. Sur mes peurs.

Le reliez-vous à vos deux romans précédents ?

On écrit toujours un seul et même livre, mais, dans ce cas, l’imagination seule ne suffisait pas à exprimer ce que je voulais dire. Il y a bien de l’imagination dans ce livre, mais c’est celle des gens qui fabriquent la viande industriellement. J’ai mené dans le monde souterrain de l’élevage des animaux de boucherie et dans les abattoirs une enquête de trois ans. Si j’avais écrit un roman, on l’aurait pris pour un roman de science-fiction, tellement les gens qui organisent ce système déploient une imagination folle pour arriver à leurs fins. Très souvent, tandis que je me documentais par des ouvrages scientifiques ou des rapports officiels, je me suis interrompu en disant à ma femme :  » Lis ! c’est absolument incroyable !  » Dans un roman, on ne m’aurait pas cru.

Vos conclusions ?

Je ne conclus pas, j’expose. Manger de la viande pollue la planète, contribue à la dégradation climatique et à l’extension de la faim tout en ruinant nos santés. La situation du poisson n’est pas moins préoccupante : les scientifiques disent que si l’on continue la pêche comme aujourd’hui, dans deux cent quarante ans il n’y aura plus de poissons sur cette planète.

Comment en est-on arrivé là ?

Depuis des millénaires jusqu’à il y a une cinquantaine d’années, l’homme, pour élever des bêtes et manger leur chair, imitait la nature. L’invention de la nourriture carnée industrielle est fondée sur l’idée que la nature est un obstacle à la productivité. Il n’y a plus de fermiers, mais des managers, des usines d’élevage, d’abattage, de découpe et de conditionnement dont les responsables n’ont plus aucune notion de ce qu’est un animal. Ils n’ont qu’une pensée : comment gagner plus en dépensant moins, et s’ils pensent que des animaux malades leur feront gagner plus que des animaux sains, ils le font. S’ils pensent que cela revient moins cher d’élever des animaux hors nature, à l’intérieur, sans voir le jour, ils le font. S’ils pensent qu’on peut les nourrir avec autre chose que de l’herbe et du fourrage, ce que jamais un fermier n’aurait pu penser il y a cinquante ans, ils le font et les nourrissent de maïs ou de tourteaux de soja, ou même de résidus animaux, faisant d’espèces herbivores des carnivores malgré elles. Savez-vous qu’un poulet dans la nature vit dix ans et celui que vous mangez au McDonald’s, quarante-cinq jours ? S’il vivait plus longtemps, ses pattes se casseraient sous son poids.

Vous parlez de  » cruauté « …

Une fois sur trois, un animal est abattu dans des conditions cruelles en infligeant une souffrance inutile. La cruauté n’est pas le fait de ceux dont le métier est d’abattre des animaux. Je crois plutôt qu’ils sont pris dans une situation impossible. Comme les fermiers d’ailleurs, ils ont sans doute vécu avec des animaux, mais les conditions de l’abattage font qu’ils doivent procéder le plus vite possible, quelle que soit la souffrance infligée aux animaux. Ils sont aliénés au processus et aux produits. Ce qui me fait le plus plaisir, c’est que les réactions les plus favorables à mon livre sont venues de fermiers. Ils aiment les animaux et s’en tiennent aux techniques ancestrales. Les fermes industrielles n’ont qu’une idée : se débarrasser des agriculteurs.

N’êtes vous pas moralisateur, au-delà du constat du désastre environnemental annoncé ?

Je ne fais aucune recommandation. Mais l’aspect moral existe. La façon de traiter les animaux que nous mangeons dégrade notre être moral. Schopenhauer disait que l’homme est le moins animal parmi les animaux parce que le seul à tuer non pour manger mais pour tuer. Et le problème n’est pas seulement la viande, c’est le problème des animaux. Les bananes, les jeans, le lait de soja, le papier utilisé pour imprimer votre magazine, l’écran de votre ordinateur, partout il y a de l’animal dans ces objets. Il est difficile de ne pas penser à l’impact de nos consommations sur l’ensemble du règne animal.

Ne vous adressez-vous pas aux plus riches, aux plus instruits ?

Il est vrai que les pauvres ne peuvent pas manger de la bonne viande élevée et abattue correctement, mais dans tous les menus de tous les restaurants il y a des plats végétariens qui sont toujours beaucoup moins chers que la mauvaise viande et aussi riches en protéines.

Vous avez un chien. N’y a-t-il pas un brin de cruauté à garder un chien dans un appartement new-yorkais ?

J’ai écrit un chapitre pour recommander la meilleure façon de manger du chien. Mais c’était de l’humour à la Swift. Je pense que vous avez raison : en général, les animaux domestiques ne sont plus tout à fait des animaux, mais enfin on ne les élève pas pour les manger et on ne les tue pas en les gardant en appartement.

Votre prochain livre ?

Ce ne sera pas un essai. Je préfère le roman. Il y a là une liberté beaucoup plus grande. C’est comme une drogue excitant les émotions. Les essais donnent un autre type de plaisir, celui de la démonstration, de la conviction. Mon prochain livre parlera de l’Amérique aujourd’hui. Je suis très intéressé par les jeunes, les étudiants, et effrayé par la terrible solitude dans laquelle Facebook ou Twitter les plongent. Je montrerai le virtuel comme nouvelle réalité et ses effets dévastateurs sur la réalité psychique. Internet nous rend moins créatifs, moins heureux et plus seuls, enfermés de l’intérieur, alors que nous croyons être au monde. Nous devenons comme des fichiers, on nous ouvre, on nous ferme. On ne lit pas ce qu’il y a dedans, la terreur, la souffrance, la pensée, le mystère de l’autre. Savez-vous pourquoi Facebook affiche en bleu sa page d’accueil ? Mark Zuckerberg souffre d’achromatisme et la seule couleur qu’il distingue est le bleu. Il y a quelque chose d’effrayant quand vous pensez que 500 millions de personnes écrivent tous les jours sur des pages bleues parce qu’un homme, quelque part, un jour, a souffert de cette affection. Mais, après tout, on peut aussi rêver du processus inverse : 500 millions de personnes, par leurs petites décisions, pourront faire bouger un système mondialement dominant, celui de l’agroalimentaire d’origine animale.

 

 » Faut-il manger les animaux ?  » de Jonathan Safran Foer. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Gilles Berton et Raymond Clarinard (Editions de l’Olivier, … 336 p., 22 E).

viaInterview Jonathan Safran Foer, actualité Livres : Le Point.

Le « Dictionnaire horrifié de la souffrance animale\ » d\’Alexandrine Civard-Racinais ou le voyage au bout de l\’enfer de nos amies les bêtes – AQUI

Cultures | Nos lectures du weekend : Le \ »Dictionnaire horrifié de la souffrance animale\ » d\’Alexandrine Civard-Racinais ou le voyage au bout de l\’enfer de nos amies les bêtes – AQUI.

L\’élevage industriel entre littérature et morale – LeMonde.fr

LE MONDE DES LIVRES | 06.01.11 | 11h00

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Ce livre est écrit par deux auteurs différents, qui l’un et l’autre s’appellent Jonathan Safran Foer. Le premier est un romancier qui fait une enquête sur l’élevage industriel aux Etats-Unis. Le second est un moraliste qui tire des conclusions du travail du premier.

Le romancier nous invite à le suivre dans un voyage au sein de ce monde terrifiant. Il rentre dans ce système de production de viande avec des techniques d’enquête qui mettent sans cesse en regard le savoir accumulé, à ce sujet, depuis presque cinq décennies – savoir qu’il maîtrise, d’ailleurs, à la perfection – avec, à chaque fois, des procédés de singularisation des acteurs, des situations, des lieux.

La plus belle de ces opérations de singularisation est l’histoire d’une vache qui s’est échappée en 1998 d’un abattoir situé dans le nord-ouest du Missouri, pour fuir la mort. « Elle a réussi à traverser des routes, à piétiner ou contourner les clôtures et à échapper aux éleveurs qui la cherchaient. Et quand elle est arrivée sur les rives du lac, elle n’a même pas pris le temps de vérifier la température de l’eau, de réfléchir ou de regarder derrière elle. Elle a tenté de s’enfuir à la nage (…) pour se trouver un abri, quel qu’il soit. (…) Mario Fantasma, le propriétaire, (…) a reçu un appel d’un ami qui avait vu la vache faire le grand plongeon. L’évasion a pris fin quand Mario l’a rattrapée sur l’autre rive. »

Loin d’être anecdotique, cette méthode de travail est par elle-même un parti pris politique. En effet, la plupart des activités violentes requises pour produire de la viande sont soustraites au regard du public. Et cette occultation, paradoxalement, se prolonge dans les discours de ceux qui contestent ce système. On nous parle des animaux tués et martyrisés ainsi que des formes d’exploitation et de sadisme organisées, d’une manière tellement générale et abstraite que nous ne pouvons pas les imaginer véritablement. Or, ce livre nous fait voir, dans le sens presque littéral du terme, ce qu’il dénonce, et nous serons, de ce fait, moins enclins à oublier ce que nous avons lu.

Pourtant, à côté du romancier, il y a un Safran Foer moraliste, qui ne sait quoi faire de la puissance du premier. En effet, le second ne fait preuve d’une grande originalité ni dans ce qui fait l’objet de sa réprobation ni dans les théories qu’il emploie pour ce faire. On sait que dénoncer l’élevage industriel est de nos jours très courant, et même ceux qui sont plutôt indifférents à la cause animale font rarement l’éloge de ces méthodes sauvages. Jonathan Safran Foer rejette explicitement des positions plus radicales comme celles qui s’opposent, par principe, à toute alimentation carnée. Avec l’opinion dominante, il considère les animaux que l’on mange comme de pures machines à souffrir, qui n’auraient pas un droit de vivre digne de protection. Mais il ne s’attarde pas à étayer son point de vue.

Pourtant les histoires magnifiques qu’il raconte, comme celle de la vache « révolutionnaire » du Missouri, semblent contredire cette position. En effet, on peut soupçonner que cette créature bovine n’aurait pas plus été d’accord si on lui avait proposé de la tuer sans souffrance. Tout se passe donc comme si le Jonathan Safran Foer moraliste cherchait à ne pas voir ce que fait le romancier-enquêteur.

L’autre difficulté est la coupure morale qu’il opère entre le système de production de viande et les mangeurs. Ces derniers auraient, selon lui, une responsabilité faible et lointaine dans le fonctionnement de ce système. Ainsi avance-t-il que le fait de ne plus manger cette viande – comme c’est d’ailleurs son cas – est une mise à l’épreuve de « notre comportement face à ceux qui sont impuissants, à ceux qui sont loin, à ceux qui n’ont pas voix au chapitre ». Ce faisant, il rend comparable la responsabilité morale du mangeur de viande à celle que nous aurions au regard des êtres humains qui souffrent sur la planète pour des raisons qui nous sont étrangères. Ne pas manger cette viande est donc un acte aussi « moral » que de faire des dons caritatifs pour aider des enfants africains. En affaiblissant ainsi le fil qui unit la souffrance infinie des vaches que l’on dépèce encore vivantes et le mangeur de steak, il n’arrive pas à produire chez nous ce que le romancier préparait dans son enquête : la honte de manger de cette viande-là.

De fait, Jonathan Safran Foer ne cherche pas à faire honte à ses lecteurs, mais à leur dire que, pour être aussi moraux que lui, il leur faudrait s’abstenir de manger une telle viande. Car « si j’acceptais l’élevage industriel, conclut-il, si je donnais à ma famille la nourriture qu’il produit, que je le finançais avec mon argent, je serais un peu moins moi-même, un peu moins le petit-fils de ma grand-mère, le fils de mon père ».

Mais le lecteur un peu rétif ne peut alors s’empêcher de se demander : serait-ce si grave ? Est-il donc si important en soi d’être Jonathan Safran Foer ? Il semblerait que la souffrance infinie, massive et inutile que nous infligeons aux animaux en les mangeant mérite des réflexions morales plus graves et plus étayées que cette autosatisfaction de soi si embarrassante pour les lecteurs. Ainsi, comme souvent, le principal grief que nous pouvons adresser à ceux que nous qualifions de « moralisants », c’est de ne pas prendre la morale au sérieux.

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Marcela Iacub

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Faut-il manger les animaux ? L’essai de Jonathan Safran Foer qui suscite passions et polémiques dans le monde

mercredi 29 décembre 2010
Posté par David Naulin

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Déjà couvert d’éloges (en particulier ceux de J.M. Coetzee), best-seller aux États-Unis, en Italie et en Allemagne, ce premier essai de Jonathan Safran Foer est un coup de maître. Les questions qu’il pose – et les réponses qu’il propose – sont universelles : pourquoi l’homme est-il carnivore ? Cet usage est-il moralement légitime ? Et surtout : comment traitons-nous les animaux que nous mangeons ?

Convoquant souvenirs d’enfance, données statistiques et arguments philosophiques, Jonathan Safran Foer interroge les croyances, les mythes et les traditions familiales et nationales existant à ce sujet, avant de se lancer lui-même dans une vaste enquête. Entre une expédition clandestine dans une usine d’abattage industriel et un reportage sur un ranch où l’on pratique l’élevage traditionnel, une recherche sur les dangers du lisier et la visite d’une ferme où les dindes sont élevées en pleine nature, J.S. Foer explore tous les degrés de l’abomination, et les derniers vestiges d’une civilisation où l’animal était encore respecté. Choquant, drôle, inattendu, ce livre devrait susciter passions et polémiques.

« Nous ne pouvons pas plaider l’ignorance, seulement l’indifférence. Nous avons la charge, mais aussi la chance de vivre au moment où les critiques contre l’élevage industriel se sont frayé un chemin dans la conscience populaire. C’est à nous que l’on pourra demander à bon droit : Qu’est ce que vous avez fait quand vous avez su la vérité sur le fait de manger des animaux ? »

Né en 1977 à Washington, Jonathan Safran Foer fait des études de lettres à Princeton. En 1999, il part pour l’Ukraine afin d’y retracer la vie de son grand-père. De ce voyage naît son premier roman, Tout est illuminé, qui devient un événement littéraire international. Il publie en 2005 son deuxième roman, Extrêmement fort et incroyablement près.

Pour en savoir plus sur ce livre, vous pouvez écouter en podcast l’émission « La Grande Table » diffusée vendredi 24 décembre 2010 sur France Culture avec deuxième partie un grand entretien avec Jonathan Safran Foer. Pour écouter, cliquez ici. Télérama consacre également un dossier intitulé « Les animaux : êtres sensibles ou comestibles ? » avec un entretien croisé avec Jonathan Safran Foer et la philosophe Elisabeth de Fontenay (Télérama N°3181 du 1er au 7 janvier 2011).

Extrait

Il y a quelque chose dans le fait de manger les animaux qui tend à polariser les avis : soit on n’en mange jamais, soit on ne se pose jamais de questions sincères à ce sujet ; soit on devient un activiste, soit on méprise les activistes. Ces positions antagonistes – tout comme le refus de prendre position, lui-même très révélateur – convergent pour indiquer que manger les animaux n’est pas une question sans importance.

Le fait de consommer ou pas des animaux, et la façon dont nous les mangeons touchent à quelque chose de profond. La viande est liée à ce que nous sommes et voulons être, depuis le livre de la Genèse jusqu’à la plus récente loi sur l’élevage. Elle soulève des questions philosophiques significatives et représente une industrie qui pèse plus de 140 milliards de dollars par an, occupe près du tiers des terres de la planète, modifie les écosystèmes océaniques et pourrait bien déterminer l’avenir du climat terrestre. Et pourtant il semble que nous soyons seulement capables de réfléchir au pourtour des arguments – aux extrêmes logiques plutôt qu’aux réalités pratiques. Ma grand-mère a proclamé qu’elle ne mangerait jamais de porc, y compris si cela devait lui éviter de mourir de faim, et même si le contexte de son histoire est aussi extrême que possible, beaucoup de gens semblent s’en tenir à ce schéma du tout ou rien lorsqu’ils discutent de leurs choix alimentaires quotidiens. C’est là un mode de pensée que nous n’appliquerions jamais à d’autres domaines éthiques. (Imaginez, par exemple, de toujours ou de ne jamais mentir.) Je ne saurais dire le nombre de fois où, ayant dit à quelqu’un que j’étais végétarien, mon interlocuteur ou interlocutrice a réagi en pointant une inconsistance dans mon mode de vie ou en essayant de trouver une faille dans une argumentation que je n’avais pas développée. (J’ai souvent eu l’impression que mon végétarisme était plus important à leurs yeux qu’aux miens.)

Nous devons trouver une meilleure façon de parler du fait que nous mangeons des animaux. Il faut chercher un moyen de mettre la viande au centre du débat public, de la même façon qu’elle se retrouve bien souvent au centre de nos assiettes. Inutile de prétendre parvenir à un consensus. Quelle que soit la force de nos convictions concernant ce qui est bon pour nous à l’échelon individuel, et même collectif, nous savons tous par avance que nos positions se heurteront à celles de nos voisins. Que faire face à cette incontournable réalité ? Laisser tomber la discussion, ou trouver un moyen de la recadrer ?

Références

Faut-il manger les animaux ? de Jonathan Safran Foer – Essai traduit de l’anglais par Gilles Berton et Raymond Clarinard – Editeur : Editions de l’Olivier – Date de publication : 6 janvier 2011 – 360 pages – Prix public : 22 €

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Dictionnaire horrifié de la souffrance animale

Interview – La souffrance animale de A… à Z

Animaux de laboratoire, poules en batteries, animaux sauvages dans les cirques… Alexandrine Civard-Racinais, ancienne journaliste, vient de publier le Dictionnaire horrifié de la souffrance animale. Elle explique sa démarche à la Fondation 30 Millions d’Amis.

Alexandrine Civard-Racinais Fondation 30 Millions d’Amis : Pourquoi un tel ouvrage ?

Alexandrine Civard-Racinais : J’ai débuté dans le journalisme avec un sujet consacré à l’expérimentation animale. De fait, je me suis intéressée très tôt à ces questions. 20 ans plus tard, Dominique Lestel (philosophe, spécialiste des interactions homme-animal, NDLR) me confie que la condition des animaux n’a pas évolué depuis Descartes et sa conception de « l’animal-machine ». Au XVIIe siècle – comme encore aujourd’hui – on considérait en effet qu’il n’y avait aucune différence entre un chien et une horloge ! Encouragée par mon éditrice, j’ai voulu illustrer cette théorie par des cas concrets.

F30MA : Votre livre met l’accent sur l’ambigüité qui régit les relations entre homme et animal. Quel est l’aspect qui vous a le plus choqué ?

A. C-R. : Je suis particulièrement touchée par le terme d’« animal de rente ». Il désigne le bétail que nous élevons et consommons dans une logique industrielle implacable. Pour moi, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un univers carcéral : entassés les uns sur les autres, les animaux suivent un chemin de croix pavé de douleurs et de souffrances. Je ne suis pourtant ni militante, ni végétarienne ! Je ne souhaite pas empêcher les gens de consommer de la viande. Le but du Dictionnaire horrifié de la souffrance animale est de dénoncer ce système de souffrances pour les animaux, mais aussi pour les hommes. Et chacun peut choisir de consommer mieux, c’est-à-dire en tenant compte du bien-être animal. En ne regardant pas ce que l’on achète, comme des œufs portant les numéros 2 et 3, on cautionne l’élevage en batterie. Alors qu’en choisissant mieux (numéro 0 ou 1, NDLR), on plébiscite l’élevage biologique ou en plein air.

Dictionnaire horrifié de la souffrance animaleF30MA : Pensez-vos que ce livre peut aider à mieux prendre en compte le bien-être animal ?

A. C-R. : En tant qu’ancienne journaliste, je sais que le lien entre information et changement des habitudes résulte d’un processus très long. Pour ma part, je souhaite apporter une modeste contribution à l’amélioration du bien-être des animaux. Aujourd’hui, nous disposons de très nombreux outils pour connaître avec précision ce que nous mangeons. Un citoyen ne peut plus ignorer les dessous de l’élevage industriel. Ce livre recense les violences collectives perpétrées contre les animaux. Et celles-ci sont les conséquences de choix de société. Ce qu’il nous manque, c’est une véritable éthique de la consommation. Les connaissances sur les animaux ont évolué depuis Descartes, mais nos comportements si peu ! Alors tentons de devenir responsables.

Dictionnaire horrifié de la souffrance animale
Alexandrine Civard-Racinais
190 pages, Editions Fayard
Prix indicatif : 12 euros

Photo : © Thierry Racinais

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