VIDEO. « Ils vont pas nous emmerder » : Ségolène Royal s’agace face à des militants écologistes au Salon de l’agriculture

Des opposants à l’huile de palme ont tenté d’interpeller la ministre de l’Environnement Ségolène Royal, en visite dimanche au salon de l’Agriculture.

Source : VIDEO. « Ils vont pas nous emmerder » : Ségolène Royal s’agace face à des militants écologistes au Salon de l’agriculture

3,5 millions d’hectares de forêt détruits pour l’huile de palme

Nouvelle plantation de palmiers à huile près de Pundu, Bornéo, Indonésie (1°59’ S – 113°06’ E). En Indonésie, en Malaisie et en Papouasie Nouvelle Guinée, entre 1990 et 2010, 3,5 millions d’hectares de forêt ont été rasées pour faire place à des plantations de palmiers à huile. © Yann Arthus-Bertrand

Nouvelle plantation de palmiers à huile près de Pundu, Bornéo, Indonésie (1°59’ S – 113°06’ E). En Indonésie, en Malaisie et en Papouasie Nouvelle Guinée, entre 1990 et 2010, 3,5 millions d’hectares de forêt ont été rasées pour faire place à des plantations de palmiers à huile. © Yann Arthus-Bertrand

Une nouvelle étude scientifique dévoile l’importante de la la déorestation liée aux plantations de palmiers à huile. En Indonésie, en Malaisie et en Papouasie Nouvelle Guinée, entre 1990 et 2010, 3,5 millions d’hectares de forêt ont été rasées pour faire place à des plantations de palmiers à huile.

Cette étude est d’autant plus intéressante qu’elle provient de la RSPO, pour Roundtable on sustainable palm oil, le regroupement de producteurs, de distributeurs et d’associations de protection de l’environnement pour trouver une huile de palme plus vertueuse (et au sein desquels WWF joue un rôle majeur).

Selon l’étude, si 4% seulement de ces cultures ont été plantées sur des zones recouvertes auparavant de forêts primaires, 37% l’ont été sur de la forêt, tous états de conservation confondu, participant ainsi au réchauffement climatique et menaçant l’extraordinaire biodiversité de cette région du monde. De façon plus détaillée, la perte de forêt au profit de plantations d’huile de palme a été plus importante en Papouasie (61% : 33,600 ha), Sabah (62% : 714 000ha) et en Papouasie Nouvelle Guinée puis à Kalimantan (44% : 1,23 Mha), Sarawak (48% : 471 000ha), Sumatra (25% : 883 000ha) et sur la péninsule Malaisienne (28% : 318 000ha).

La plupart des forêts converties en plantations de palmiers à huile l’ont été à partir de forêts secondaires de basses altitudes. L’explication est simple, une fois défrichés, ces espaces n’ont plus de réelle valeur commerciale. Les convertir en plantations de palmier à huile est alors une solution financièrement attrayante d’autant plus qu’ils offrent un accès beaucoup aisé aux cultivateurs.

Dans cette région du globe, la part des plantations de palmiers à huile dans la déforestation a augmenté ces dernières années passant de 20% entre 2001 et 2005 à 36% entre 2006 et 2010. Cette augmentation est liée à celle du prix de l’huile de palme sur le marché mondial.

Les forêts ne sont cependant pas les zones favorisées pour les plantations de palmiers à huile dans cette région, les exploitants préférant celles d’agroforesterie et de plantations de caoutchouc tout particulièrement sur Sumatra (59%) et sur la péninsule Malaisienne (44%), note Mongabay.

via3,5 millions d’hectares de forêt détruits pour l’huile de palme | Magazine GoodPlanet InfoMagazine GoodPlanet Info.

Huile de palme – Les agriculteurs malaisiens écrivent à Nicole Bricq pour se plaindre

PARIS, 06 juin 2013 (AFP) – L’association des petits producteurs d’huile de palme de Malaisie (NASH) a écrit à la ministre française du Commerce extérieur Nicole Bricq, en visite à Kuala Lumpur pour se plaindre de ce qu’elle estime être une campagne de « dénigrement » de l’huile de palme en France.

« Nous vous demandons de vous associer à notre appel demandant aux grands groupes français (Casino, Système U, Findus, Lesieur et Jacquet) d’arrêter de mettre en cause l’huile de palme » avec notamment des publicités vantant les produits sans huile de palme, écrivent les producteurs à Nicole Bricq.

La Malaisie est le deuxième producteur mondial d’huile de palme, derrière l’Indonésie où la ministre s’est également rendue mardi et mercredi. « Vous serez attentive au fait que la Malaisie a commandé un grand nombre d’Airbus, ce qui est de nature à soutenir l’emploi et l’investissement en France », ajoute la NASH dans un courrier daté de mercredi et transmis à l’AFP.

Et pour les petits producteurs d’huile de palme, « la campagne de dénigrement » dont est victime cette production en France est vécue comme une « menace ». « Nous vous demandons donc de vous engager à ne pas mettre en place des politiques (taxes ou dispositions réglementaires) qui discriminent l’huile de palme ».

Un débat a agité la France à l’automne dernier quand il avait été envisagé au Parlement d’augmenter de 300 % la taxe sur l’huile de palme, amendement par la suite repoussé. La NASH regroupe 300.000 petits producteurs d’huile de palme de Malaisie.

AFP

 Agrisalon.

L' »homme de la forêt » victime de l’huile de palme – LeMonde.fr

 

 

 

Symbole de la fragilité de la biodiversité, l'orang-outan (Pongo pygmaeus) est classé comme espèce en danger critique d'extinction dans la liste rouge de l'UICN.

Symbole de la fragilité de la biodiversité, l’orang-outan (Pongo pygmaeus) est classé comme espèce en danger critique d’extinction dans la liste rouge de l’UICN. AFP/JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

 

Le point commun entre les orangs-outans d’Indonésie et le FC Barcelone ? Carles Puyol. Le capitaine du club de football espagnol, victorieux de la Coupe du monde 2010, a accepté d’être le porte-parole de ces paisibles primates, dont la population diminue chaque année du fait de la déforestation et du braconnage. Editées par le Partenariat pour la survie des grands singes (Grasp, Nations unies) et l’association International Animal Rescue, les affiches de cette campagne de sensibilisation montrent le sportif vedette debout devant des photos d’orangs-outans emprisonnés ou maltraités, avec cette interpellation : « I Care. Do you ? » (« Je m’en préoccupe ? Et vous ? »)

 

Il y a urgence. Le grand singe roux, avec lequel nous partageons environ 98 % de notre patrimoine génétique, ne vit que dans les îles indonésiennes de Bornéo et Sumatra. Sa population y était estimée à plusieurs centaines de milliers d’individus il y a cent vingt ans ; ils ne seraient plus que 65 000 environ et ces effectifs se réduisent un peu plus chaque année. D’ici à vingt ans, l’unique singe anthropoïde d’Asie pourrait avoir disparu de son habitat naturel si la déforestation, menée pour l’essentiel au profit de la production d’huile de palme, continue au rythme actuel. Pour l’orang-outan (« homme de la forêt » en malais), qui se nourrit, s’accouple, se repose et se déplace dans les arbres, le maintien de ce biotope est en effet vital.

 

A cette menace s’ajoute celle de la chasse, devenue d’autant plus active que les conflits entre l’homme et le grand singe se multiplient. Pour la première fois, une enquête de terrain, menée par l’ONG People and Nature Consulting International auprès des villageois du Kalimatan (la partie indonésienne de Bornéo), a livré sur ce point des informations précises. Publiées dans la revue scientifique PLoS ONE, elles décrivent une situation désolante.

 

Dirigée par le biologiste Erik Meijaard, de l’Université du Queensland (Brisbane, Australie), cette étude a consisté à interroger, entre avril 2008 et septembre 2009, près de 7 000 personnes vivant dans 687 villages. Les questions portaient sur leur situation socio-économique, leur connaissance de la faune locale et leurs rapports avec les grands singes. Il ressort de cette enquête que, malgré leur statut d’animaux protégés, de 750 à 1 800 orangs-outans ont été tués entre avril 2007 et avril 2008. Ce qui témoigne d’une évolution « positive » par rapport aux années précédentes (meilleure connaissance de la loi ou moindre présence de l’animal ?), puisque les villageois, interrogés sur des périodes plus anciennes, évoquent un tableau de chasse annuel supérieur à 2 000 singes.

 

Les motifs de ces abattages ? 54 % des réponses évoquent la recherche de viande de brousse, 10 % la protection des cultures, 15 % des conflits survenus dans les villages. L’enquête souligne également le laxisme des autorités indonésiennes, qui ne poursuivent qu’exceptionnellement les contrevenants : 63 % des personnes interrogées reconnaissant avoir tué un de ces primates admettent savoir qu’ils sont protégés par la loi.

 

Il est malheureusement probable que les tensions entre les Indonésiens et les grands singes arboricoles ne s’apaiseront pas de sitôt. « L’orang-outan a de grandes capa cités d’adaptation. Lorsque la forêt tropicale, qui constitue son habitat naturel, se transforme en plantations de palmiers à huile, il apprend à se nourrir des fruits de pal mier », constate Yaya Rayadin, chercheur à l’université de Mulawarman (Samarinda, Bornéo). Fruits dont est précisément extraite la précieuse huile… D’où d’inévitables conflits.

 

DEUX ESPÈCES

 

Le 21 novembre, le Jakarta Globe rapportait ainsi l’arrestation, dans le Kalimantan oriental, de deux hommes qui ont reconnu avoir tué plus d’une vingtaine d’orangs-outans en échange de récompenses offertes par des propriétaires de plantations de palmiers à huile.

 

Motif d’inquiétude supplémentaire pour les défenseurs des grands singes : une étude, publiée début 2011 dans la revue Nature, sous l’égide du Centre génomique de l’université Washington (Saint Louis, Etats-Unis), a permis de comparer la diversité génétique des deux espèces d’orangs-outans, celle de Bornéo (Pongo pygmaeus) et celle de Sumatra (Pongo abelii). Cette dernière, dont les effectifs se réduisent désormais à quelque 7 000 individus, n’en a pas moins conservé une assez grande diversité génétique. La première, en revanche, présente un génome relativement semblable d’un individu à un autre, ce qui la rend plus vulnérable aux changements de milieu et aux maladies. Pour ses 50 000 à 60 000 représentants, il s’agit d’une mauvaise nouvelle de plus.

Catherine Vincent

viaL' »homme de la forêt » victime de l’huile de palme – LeMonde.fr.

Huile de palme – Carrefour et L’Oréal bons élèves, Occitane à la traîne selon le Wwf – Agrisalon

Huile de palme

Carrefour et L’Oréal bons élèves, Occitane à la traîne selon le Wwf

Les principaux industriels européens concernés et les enseignes de distribution privilégient de plus en plus l’huile de palme durable pour freiner la déforestation mais les efforts sont trop lents, a indiqué mardi le Fonds mondial pour la nature (Wwf).

Dans une étude portant sur 132 entreprises européennes, le Wwf estime que près d’un distributeur sur deux et un industriel sur cinq ne satisfait pas à la charte de la Table ronde pour l’huile de palme durable (Rspo), association créée en 2004 qui regroupe producteurs, industriels et Ong du monde entier. « Il y a eu des progrès depuis la dernière étude, en 2009, mais les engagements ne se traduisent pas suffisamment vite dans l’utilisation accrue d’huile de palme durable certifiée », note le Wwf.

« Les entreprises doivent absolument passer à la vitesse supérieure »

Selon les critères retenus (engagements, approvisionnements et transparence), le géant anglo-néerlandais de l’agroalimentaire et des cosmétiques Unilever est le groupe le plus vertueux, juste devant le numéro un mondial des cosmétiques L’Oréal. United Biscuits (marques BN, Delacre), Yves Rocher, LU et Danone sont relativement bien placés. L’Occitane et Lactalis en revanche occupent le bas du tableau. L’Occitane n’est pas membre de la Rspo mais aspire à l’être, tandis que d’après les données disponibles, entre 0 et 25 % seulement de l’huile de palme qu’elle utilise est certifiée. Côté distributeurs, Ikéa et Carrefour sont bien notés, contrairement aux Mousquetaires, à Auchan et aux Magasins U dont les performances sont parmi les plus médiocres, selon le Wwf.

Pour l’Ong, « les entreprises doivent absolument passer à la vitesse supérieure ». Aujourd’hui, 10 % de l’huile de palme produite dans le monde est certifiée durable, selon les critères de la Rspo qui stipulent notamment que les palmiers soient plantés sur des terres non boisées, et avancent une série d’exigences sociales et environnementales. « Mais seulement 56 % de cette production est achetée », affirme le Wwf, alors que la consommation doit augmenter de 50 % d’ici 2050.

L’huile de palme, la moins chère de toutes, est la plus vendue au monde. En France, près 50 % des produits alimentaires manufacturés en contiennent, selon le Wwf. L’Indonésie et la Malaisie produisent à elles deux environ 80 % de la production mondiale d’huile de palme, produit aux multiples usages (cosmétiques, alimentaires, bio-carburants).

AFP

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Signature par France Nature Environnement de la pétition contre l\’implantation d\’une usine de traitement d\’huile de palme en France

Toutes nos actions
FNE a signé mardi 1er mars la pétition contre l’implantation à Port-La-Nouvelle en Languedoc-Roussillon d’une usine spécialisée dans l’importation, le stockage et le traitement d’huile de palme. Cette huile de palme provient d’Indonésie et cause des dommages irréversibles sur les écosystèmes forestiers tropicaux, si bien que chaque année c’est 2 millions d’hectares de forêt qui disparaissent, majoritairement à cause de cette culture.

Outre la déforestation des forêts indonésiennes, la production d’agrocarburants participe à l’effet de serre

Ce projet d’usine est le résultat de la collaboration entre le géant des agrocarburants européens, l’entreprise Hollandaise Vopack, et Sime Darby, un puissant industriel de production d’huile de palme en Indonésie.

En effet, le but premier de cette opération est de fournir à l’Europe un agro-carburant constitué d’huile de palme. Rappelons que l’impact effet de serre des agro-carburants est le double de celui de l’essence ou du gasoil remplacé, lorsque l’on prend en compte le changement d’affectation des sols (déforestation retournement de prairies, etc.).

France Nature Environnement vous invite à faire circuler cette pétition

En signant cette pétition, France Nature Environnement marque son opposition à ce projet, qui cause à la fois une perte de biodiversité extrême et prive les populations autochtones de leurs terres ancestrales et ainsi de leurs ressources vitales.

Comme nous, signez la pétition !

http://www.petitions24.net/stop_huile_de_palme

ure Environnement de la pétition contre l\’implantation d\’une usine de traitement d\’huile de palme en France.

Huile de palme – Un projet d\’usine dans l\’Aude dénoncé par les écologistes – Agrisalon

La culture des palmiers à huile, pour se substituer à l’huile de colza et de tournesol dans l’industrie alimentaire, contribue massivement à la déforestation en Asie, ont accusé lundi les Amis de la Terre, opposés au projet d’usine spécialisée à Port-la-Nouvelle (Aude).

Selon l’Ong, le groupe malaisien Sime Darby, numéro un mondial de cette huile et le groupe néerlandais Vopak, acteur-clé du développement des agrocarburants en Europe, discutent avec le conseil régional du Languedoc-Roussillon pour y implanter la première usine assurant tant l’importation que le stockage et le traitement de l’huile de palme en France.

D’autres usines à Rouen, Dunkerque ou Saint-Nazaire assurent uniquement l’importation de différentes huiles végétales sans les raffiner. Face à l’argument de la Chambre de Commerce et d’Industrie (Cci) de Narbonne que l’huile produite sera certifiée, puisque Sime Darby est membre de la Table ronde pour l’huile de palme durable, l’Ong avertit : « de nombreuses entreprises impliquées dans la déforestation sont membres de cette table ronde et ont fait pression pour affaiblir les critères ».

En dix ans, la consommation d’huile végétale a grimpé de 80 %

Selon Sylvain Angerand, expert pour les forêts des Amis de la Terre, on peut, avec ces nouveaux critères, « raser des forêts si celles-ci ne représentent pas un intérêt majeur pour la conservation ou utiliser dans les plantations un pesticide neurotoxique, le paraquat, interdit en Europe. »

En dix ans, la consommation d’huile végétale a grimpé de 80 %, « tirée par l’émergence des agrocarburants représentant aujourd’hui environ 30% de la consommation totale européenne », rappelle-t-il. L’huile de colza et de tournesol ont été détournées vers la production de carburant et les industriels de l’agroalimentaire se sont rabattus massivement sur l’huile de palme, qui, elle, n’intervient qu’à 5 % dans les agrocarburants.

AFP

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Cameroun : Socapalm, groupe Bolloré, spoliation et pollution – Le blog de Danactu-résistance

 

 

 

 

 

 

Socapalm au Cameroun, l’épine du groupe Bolloré

Par David Servenay | Rue89 |

Spoliation, pollution et « climat de terreur » : l’édifiante enquête associative sur la plantation de palmiers.

 

 

Après les enquêtes journalistiques, un collectif d’associations dévoile trois ans d’enquête sur la Socapalm, la plus importante plantation de palmiers du Cameroun. Une société, contrôlée par les groupe Bolloré et Fabri, aux pratiques sociales et environnementales contestées. Rue89 a lu le dossier.

Quatre associations ont regroupé leurs forces pour enquêter sur les pratiques de la Socapalm :

deux au Cameroun, le Centre pour le développement et l’environnement (CED) et la Fondation camerounaise d’actions rationalisées et de formation sur l’environnement (Focarfe) ;
une en France, l’association Sherpa ;
une en Allemagne, Misereor.

Socapalm fait l’objet d’un montage financier complexe. Les bénéfices de l’exploitation d’huile de palme sont rapatriés vers deux holdings luxembourgeoises, afin de payer moins d’impôts sur les sociétés. (Voir l’organigramme tiré de l’enquête, cliquer pour agrandir dans un nouvel onglet ou une nouvelle fenêtre)

Un petit empire de l’huile de palme

Pour les néophytes, la Société camerounaise de palmeraies, c’est :
78 529 hectares de surface concédée (près de 110 000 terrains de football) ;
25 998 hectares de surface exploitée (36 000 terrains de foot) ;
18 265 hectares de plantations villageoises encadrées (25 000 terrains de foot).

Avec ses cinq plantations, la Socapalm a une capacité de production de 132 tonnes/heure, grâce à laquelle elle pèse pour 42% du marché de l’huile brute.

Dans sa note d’information pour son introduction à la Bourse de Douala, début 2009, la société fait état de :
1 314 salariés (dont 603 ouvriers et 83 manœuvres) ;
2 338 « planteurs privés (sous-traitants) » qui livrent leur production à la société ;
2 500 à 3 000 ouvriers employés par des sous-traitants pour la récolte et le transport des régimes.

Plus de 30 000 personnes « dépendent directement de l’entreprise », dont 15 000 vivent dans les vingt villages répartis dans les plantations. Bref, un petit empire de la palme.
Des bénéfices économiques aléatoires pour les autochtones
Bolloré, menaces de procès

L’exercice des associations est risqué : depuis sa victoire au printemps en diffamation contre France Inter, Bolloré menace
systématiquement de poursuites les journalistes qui travaillent sur le sujet.

Aussi ces associations ont-elles choisi de déposer ce mardi une « circonstance spécifique » devant les points de contact nationaux (PCN) belge, français et luxembourgeois. Les PCN sont des délégations auprès de l’OCDE chargées de faire respecter les normes internationales en matières économique et sociale. Ils n’ont pas de pouvoir coercitif.

Lors du procès en diffamation, le tribunal avait retenu la bonne foi de France Inter sur le cas de la Socapalm, ancienne société d’Etat privatisée en 2000 au bénéfice des groupes français Bolloré et belge Fabri.

Les avocats de Bolloré avaient d’ailleurs fait profil bas sur la Socapalm. Ils se sont même désistés d’une seconde procédure en diffamation engagée contre la photographe Isabelle Alexandra Ricq (dont les photos, plus bas, illustrent cet article), arguant d’« excuses » avancées par la direction de Radio France. Un motif contesté par l’avocat de la radio.

A l’époque, Bolloré, étant minoritaire et n’ayant pas la main sur le management opérationnel, estime que le débat ne le concerne pas vraiment.

Contacté lundi matin par Rue89, le groupe nous a d’abord avancé le même argument : étant « actionnaire minoritaire », il n’est pas « gestionnaire » de la Socapalm, avant d’ajouter par la voix de son directeur juridique :

« Nous n’avons pas les informations et si vous ne nous laissez pas le temps nécessaire pour vous répondre, nous en tirerons toutes les conséquences, y compris en matière de diffamation. »

Si la Socapalm fait vivre des milliers de personnes, il n’est pas certain que cela soit au bénéfice des autochtones, notamment les populations pygmées « bagyéli » originaires de la région. En théorie, le Socapalm n’a pas le droit de replanter des palmiers sur les parcelles situées autour des villages.

Dans les faits, dit la plainte, « il est devenu impossible pour de nombreux villageois de planter un jardin de case à proximité de leur habitation ». Cette pression foncière se double d’une rivalité entre les locaux et les travailleurs de l’entreprise, souvent originaires d’autres régions, comme le précise la plainte :

« Accentuée par la croissance démographique, cette rareté de la ressource foncière prive les petits
agriculteurs de leurs moyens de subsistance et constitue un vecteur important de conflits entre les populations locales et les allogènes.

En effet, la main d’œuvre allogène qu’emploie la Socapalm se trouve en compétition avec les populations autochtones pour l’accès et l’utilisation des terres. »

Concrètement, cela signifie que les bénéfices liés à l’emploi dans la Socapalm ne vont pas forcément aux locaux :

« Ainsi, il ressort d’un recensement mené fin juin auprès de la population du village de Pongo Aviation (riverain de la plantation de Kienké) qu’à peine plus de 8% de la population active du village était embauchée à la Socapalm.

En effet, sur les 167 personnes interrogées, 131 pouvaient être considérées comme étant aptes à travailler ; or, seulement 11 d’entre elles jouissaient d’un emploi au sein de la Socapalm. »

Enfin, les « planteurs villageois », privés, qui livrent leur production aux usines, ne sont pas vraiment soutenus par le groupe qui néglige, par exemple, l’entretien des pistes leur permettant d’apporter leur production.

En 1998, la loi portant sur le régime de l’eau impose aux entreprises du Cameroun de lutter contre la pollution des eaux. L’Etat accorde à la Socapalm une « période de grâce de trois ans » pour se mettre en conformité avec la loi, mais :

« Plus de sept ans après l’expiration du délai de grâce, force est de constater que les mesures prises par la Socapalm sont bien peu efficaces puisqu’elles n’ont pas permis à la Socapalm de se conformer aux textes en vigueur en matière de traitement des effluents et de protection des cours d’eau. »

Sur place, les ONG constatent :

le déversement « anarchique » des « huiles usagées émanant des huileries ».

« Mélange de boues et de produits chimiques, ces huiles usagées diffusent une odeur nauséabonde difficilement supportable. »

»Il apparaît en outre que le personnel de la Socapalm n’hésite pas à procéder au nettoyage de leur matériel dans ces mêmes cours d’eau exposant ainsi les populations locales au risque de consommer des produits toxiques.

En effet, des agents de la Socapalm ont été surpris en train de nettoyer dans des cours d’eau les bidons qu’ils utilisent pour disperser les engrais et les pesticides dans les palmeraies. »

Sans parler de la pollution de l’air, l’usine rejetant « de grandes quantités de nuages de poussières ».
Africa Security, un sous-traitant hors-la-loi ?

Alors que les villageois assuraient eux-mêmes la sécurité des plantations, le nouvel exploitant a fait appel aux services d’Africa Security Cameroun SARL. La société est dirigée par Patrick Turpin, un ancien officier français.

Dans un « climat de terreur », les agents de cette société auraient commis de nombreuses exactions :
fouilles inopinées des domiciles des suspects de vol,
confiscation de presse à noix de palme ,
actes de sabotage,
passage à tabac de villageois,
destruction d’habitations…

Les ONG font état de l’histoire d’une jeune femme ayant croisé les agents d’Africa Security :

« Le 15 août 2005, Hélène Mbelle se rend au village de Mbonjo pour y acheter de l’huile de palme auprès de planteurs locaux.

Retournant à son village à bord de son véhicule avec un bidon d’huile, elle se fait arrêter par des agents d’Africa Security qui se disent chargés de retrouver de l’huile de palme de contrebande.

Pour avoir demandé des explications quant à leur manière de procéder, elle fut battue par lesdits agents qui lui ont par ailleurs confisqué son huile de palme et soutiré les 185 000 francs CFA qu’elle avait en sa possession.

Le certificat médico-légal établi par le docteur Mbenda le 19 août 2005 a délivré 35 jours d’incapacité à la victime et conclu à la mort du foetus qu’elle portait. »

Et ce cas ne serait pas isolé.

Eau, électricité, sécurité : des promesses non tenues

Le reste peut paraître anecdotique, au regard de ce qui précède. Cela concerne l’ensemble des équipements que la privatisation de la société était censée améliorer dans le cadre des « missions de service public ». Dans le désordre :
un château d’eau qui n’a pas été réhabilité ;
l’électrification des villages de Pongo-Aviation et Bidou II, sur la plantation de la Kienké ;
un registre de doléances pour « établir une communication interactive entre la Socapalm et ses populations riveraines » qui, après dix mois d’existence dans les locaux de l’entreprise, n’est plus disponible.

Plus grave, pour les milliers de travailleurs actifs sur le site, le respect des normes élémentaires de sécurité ne semble toujours pas à l’ordre du jour :
pas de matériel de protection individuel adéquat,
des conteneurs à marchandises pour transporter les ouvriers sur les plantations,
des infrastructures de santé vétustes,
des conditions d’hébergement déplorables pour les familles vivant dans les campements des plantations.

L’ensemble est résumé de la manière suivante :

« Le 12 avril 2010, les délégués du personnel de la plantation de Dibombari ont adressé une nouvelle lettre au directeur général de la Socapalm dans laquelle ils déplorent le manque de considération avec lequel ils sont traités.

On peut notamment y lire : “ Les travailleurs se sentent victimes d’une gestion esclavagiste par laquelle ils n’ont que des devoirs pas de droits. ” »

Pour Bolloré, une question d’image.

viaCameroun : Socapalm, groupe Bolloré, spoliation et pollution – Le blog de Danactu-résistance.

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