Kiwi a été une vedette de cinéma. Elle a fait partie des oursons qui joué dans le film « l’Ours », de Jean-Jacques Annaud. Aujourd’hui, elle est la star… du zoo de Dunkerque. Ce grand ours brun, âgé de 26 ans, réside avec son compagnon Dominique, 17 ans, au zoo de Fort Mardyck. Deux animaux impressionnants, de 200 et 300 kg, qui sont un vrai produit d’appel pour les visiteurs.

Sur le site du parc, Kiwi est présentée comme étant « d’un tempérament nonchalant. Elle prend son temps et aime flâner ». Le mâle Dominique, surnommé « Domi », adore quant à lui « manger… et n’hésite pas à plonger dans le bassin si un fruit tombe dans l’eau lors du goûter. » Mais pour l’association Cause animale nord (CAN), qui lutte pour la protection de la faune sauvage et domestique, ces deux grosses bébêtes sont tout bonnement « séquestrées ».

« Elle est dépressive »

L’association a donc lancé en mai dernier une pétition pour demander au directeur du zoo leur libération. Elle a recueilli à ce jour plus de 22.900 signatures. « Pour nous, les zoos sont des prisons, c’est de la pure exploitation. Les animaux n’ont pas à subir ça », explique à metronews Anthony Blanchard, président de CAN. « Cet ours Kiwi a tourné dans un film qui a remporté des millions de dollars, qui a fait de tous les gens qui ont travaillé sur ce film des célébrités… Et elle, on la condamne à la prison ! Elle aurait bien droit à un peu de repos. Au lieu de ça, elle est toujours séquestrée dans ce zoo, dans un enclos de seulement 300 m2. »

Les membres de l’association vont régulièrement voir Kiwi. Ils l’observent, la filment. « On discute avec les soigneurs », raconte Anthony. « Elle ne va pas bien, elle est dépressive, elle passe ses journées à tourner en rond. » Son compagnon de cellule, Dominique, affiche les mêmes symptômes : « C’est flagrant. Il n’a plus d’appétit, plus aucune envie de vivre, plus aucun entrain. »

« Ils ne survivraient pas dans la nature »

Enlever les ours du zoo, pourquoi pas. Mais pour les mettre où ? « Bien sûr, il est impossible de les remettre en liberté », précise Anthony. « Ils ne survivraient pas dans la nature. » L’association envisage plutôt la piste d’une réserve naturelle. « On a essayé d’en contacter en Croatie, en Roumanie, également en France. » Mais cette solution, idéale, coûte cher : « Il faut plusieurs milliers d’euros pour prendre en charge le transport, les soins vétérinaires, la prise en charge des animaux… Nous préparons ça. »

Mais le combat risque d’être difficile. Pas sûr en effet que le directeur du parc zoologique consente gentiment à laisser repartir ses animaux. « Ces ours sont le tiroir-caisse du zoo », reconnaît Anthony. « On a essayé de contacter le directeur, il ne nous répond pas. C’est pour ça qu’on médiatise notre démarche. »

CAN prévoit de se déplacer ce week-end à Paris, place Joachim-du-Bellay, dans le 1er arrondissement, pour sensibiliser à la cause et faire signer la pétition. Le 23 septembre, un happening sera organisé dans le centre-ville de Dunkerque. Forte des signatures recueillies, elle envisage aussi de saisir le conseil municipal sur le sujet. « Un courrier va partir pour la mairie avec les premières signatures. On souhaiterait aussi des rendez-vous avec les vétérinaires, le zoo. Et on contacte d’autres associations pour préparer l’après. »

> Pour voir la pétition