Des eurodéputés veulent bannir les lapins en cages

Une résolution a été adoptée mardi appelant les éleveurs à éliminer à terme les cages en fer pour les remplacer par des enclos ou des parcs permettant aux lapins de bouger. Actuellement leur espace vital se limite à l’équivalent d’une feuille A4.

Source : Des eurodéputés veulent bannir les lapins en cages

La France va-t-elle mettre fin au braconnage des ortolans ?

C’est une lutte qui se joue chaque année en même temps que la rentrée des classes. D’un côté, des chasseurs qui revendiquent une pratique ancestrale et une tradition landaise. De l’autre, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) qui dénonce une chasse illégale et dangereuse d’une espèce dont la population européenne a diminué de 84 % entre 1980 et 2012.

Le bruant ortolan, ou ortolan, est un passereau migrateur que l’on trouve en France principalement dans le Sud-Ouest. Chaque année, d’après une estimation calculée par la fédération départementale des chasseurs des Landes (FDC40), ce sont jusqu’à 30 000 de ces cousins du moineau qui sont capturés illégalement. La chasse des ortolans est pourtant interdite depuis 1979 par une directive européenne, et ils sont également classés espèce protégée depuis 1999. A ce titre, les braconniers encourent jusqu’à 15 000 euros d’amende et un an d’emprisonnement.

Après avoir été gavés pendant quatre mois jusqu’à quadrupler leur poids puis noyés dans de l’armagnac, ils sont revendus au marché noir à un prix pouvant atteindre 150 euros. « Ce sont entre 5 et 12 millions d’euros d’argent sale qui transitent en quelques semaines de gastronomes à braconniers ! », écrit Pierre Arthanaze, ancien président de l’Association pour la protection des animaux sauvages dans Le livre noir de la chasse (Le sang de la Terre, 2011).

Une chasse illégale officieusement tolérée

Le 16 juin, la Commission européenne a une nouvelle fois sommé la France « de mettre un terme au braconnage du bruant ortolan », lui laissant jusqu’au 15 août pour prouver que des mesures contre le braconnage ont été prises. La France a déjà été condamnée en 1988 pour la non-protection du passereau migrateur, en 1999 pour « mauvaise foi avérée » et a reçu une lettre de mise en demeure en 2013. Comment expliquer, alors, la pérennité de cette pratique ?

Selon la LPO, les contrevenants bénéficient d’une « tolérance officieuse » de la préfecture des Landes tant qu’ils ne posent pas plus de 30 matoles, les cages utilisées pour chasser le bruant – des pièges non sélectifs, qui capturent tant les bruants que les autres passereaux.

Pour Yves Verilhac, directeur général de la LPO, « la vraie question cette année, c’est de savoir si la France va enfin faire quelque chose ». A l’heure de la célébration des 40 ans de la loi de protection de la nature de 1976 et de la promulgation d’une loi pour la reconquête de la biodiversité en France, il déplore que rien ne soit fait pour répondre à la Commission européenne.

Contactés à ce sujet, le ministère de l’écologie et la préfecture des Landes n’ont pas souhaité répondre au Monde.

« Maintenir vivace un héritage unique »

Les chasseurs, de leur côté, n’en démordent pas : « Pour nous, déclare Régis Hargues, le directeur de la FDC40, c’est plus qu’une chasse traditionnelle : cela fait partie du patrimoine. La matole n’existe que dans le département des Landes. » Quant au braconnage, M. Hargues affirme qu’il n’est pas du ressort de la fédération d’empêcher chacun de « prendre ses responsabilités ».

Lors de l’assemblée générale de l’association départementale des chasses traditionnelles à la matole, le 5 août, les chasseurs ont une nouvelle fois déclaré qu’ils ne céderaient pas, rapporte le quotidien Sud Ouest.

Plusieurs demandes de dérogation pour obtenir le droit de chasser le bruant ont déjà été refusées. Pour obtenir une dérogation, il faudrait en effet que trois conditions soient réunies : que les opérations ne portent pas atteinte à l’état de l’espèce concernée, qu’il n’y ait pas d’autre solution ayant un moindre impact et que la méthode de chasse permette une prise sélective d’un nombre déterminé de spécimens.

Une étude scientifique attendue pour la fin 2016

A ce jour, aucun des trois critères n’a été scientifiquement confirmé. Dans une demande de dérogation déposée en 2014, la FDC40 faisait état d’un rapport publié par le chercheur canadien Keith Hobson indiquant que les passereaux chassés en France venaient de Russie, dont la population a un effectif très important, et pas du nord de l’Europe, dont il est établi que la population est plus faible et en déclin.

Cependant, M. Hobson estime que ses travaux ont été abusivement interprétés. La méthode utilisée, l’analyse d’isotopes stables que l’on retrouve dans les tissus vivants des oiseaux, ne permet en effet pas de connaître l’origine géographique des sujets étudiés, mais « est assurément mieux adaptée pour déterminer la latitude d’origine sur la plupart des continents », corrige le chercheur. Pour l’heure, impossible de dire si les bruants français proviennent de Moscou ou de Copenhague.

Une nouvelle étude, dirigée par le Museum national d’histoire naturelle et qui doit être publiée d’ici fin 2016, est attendue impatiemment par les deux partis. Elle s’appuie sur des données estimées plus fiables, le traçage GLS, qui permet de calculer une position à partir de la durée d’ensoleillement reçu par un capteur attaché à un oiseau, ainsi qu’une étude génétique de plusieurs spécimens.

Militants de la LPO comme chasseurs de la FDC40 sont convaincus que les données scientifiques leur donneront raison. D’ici là, la chasse aux bruants ortolans demeure illégale et la France s’expose aux sanctions de la Commission européenne en laissant le braconnage suivre son cours.

  • Nicolas Celnik
    Journaliste au Monde

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/08/09/la-france-va-t-elle-mettre-fin-au-braconnage-des-ortolans_4980452_1652692.html#Yx06ix9pQqVoEgAo.99

Source : La France va-t-elle mettre fin au braconnage des ortolans ?

L’UE interdit la pêche en eaux profondes à plus de 800 m – 30/06/2016 – La Nouvelle République France-Monde

L’Union européenne a annoncé jeudi l’interdiction de la pêche en eaux profondes à plus de 800 mètres de profondeur, sur la base d’un accord trouvé entre Etats membres, Commission et Parlement européen après des années de négociations.

Source : L’UE interdit la pêche en eaux profondes à plus de 800 m – 30/06/2016 – La Nouvelle République France-Monde

La France sommée une deuxième fois par Bruxelles d’arrêter de chasser les ortolans

La France sommée une deuxième fois par Bruxelles d’arrêter de chasser les ortolans

La France sommée une deuxième fois par Bruxelles d'arrêter de chasser les ortolans
Photo d’un ortolan prisonnier d’un piège de braconneurs

AFP, publié le jeudi 16 juin 2016 à 18h16

Biodiversité: La France sommée une deuxième fois par Bruxelles d’arrêter de chasser les ortolans

La Commission européenne a adressé jeudi un deuxième avertissement à Paris sur la chasse aux ortolans, une pratique interdite et pourtant « tolérée » par la France selon Bruxelles.

L’exécutif européen, garant de la législation européenne, a envoyé un avis motivé à la France, deuxième étape d’une procédure d’infraction qui peut mener en cas de réponse insatisfaisante jusqu’à une saisine de la Cour de justice européenne.

Le bruant ortolan, couramment appelé ortolan, est un oiseau migrateur protégé « strictement » par la réglementation de l’UE relative à la protection des oiseaux, souligne la Commission dans un communiqué.

« Bien que la législation française l’interdise, les forces de l’ordre tolèrent la pratique qui consiste, à la fin de l’été, à chasser les bruants ortolans le long de leur route migratoire, qui passe par le sud-ouest de la France, pour les manger », regrette Bruxelles.

Selon la Commission, la population européenne d’ortolans a diminué de 84% entre 1980 et 2012.

« Le braconnage de cette espèce en France réduit à néant les efforts de conservation entrepris par les autres Etats membres pour inverser le déclin de sa population », accuse encore l’institution, qui avait envoyé un premier avertissement sur le sujet en janvier 2013.

Paris dispose désormais de deux mois pour notifier « les mesures prises pour mettre la législation nationale en conformité avec le droit de l’Union ».

Cette « chasse traditionnelle », braconnage pour les défenseurs de l’environnement, très prisée dans les Landes, fait l’objet d’un affrontement régulier en France entre chasseurs, écologistes, et politiques.

Source : La France sommée une deuxième fois par Bruxelles d’arrêter de chasser les ortolans sur Orange Actualités

Corrida : l’Europe a voté contre les subventions aux éleveurs de toros de combat

Source : Corrida : l’Europe a voté contre les subventions aux éleveurs de toros de combat

Des eurodéputés refusent le foie gras offert à Strasbourg | Éthique et animaux

 

 

gavage dans un élevage français

Quatorze eurodéputés du groupe politique Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL) ont refusé un cadeau contenant une terrine au foie gras offert par plusieurs lobbies pro-Strasbourg, selon l’eurodéputée Anja Hazekamp.

L’opération-séduction orchestrée par des groupes d’intérêt parmi lesquels figure « Strasbourg Pour l’Europe »1 (né sous l’impulsion du maire de Strasbourg Roland Ries) avait été mise en place à l’occasion de la première session des nouveaux élus à Strasbourg la semaine dernière. Les 14 élus ont notamment marqué leur désaccord avec le gavage des canards et des oies dans la production de foie gras.

L’action des ces eurodéputés intervient alors que l’Inde vient d’interdire les importations de foie gras sur son territoire, le 3 juillet 2014.

Dans un communiqué, l’eurodéputée néerlandaise Anja Hazekamp, élue du Parti pour les animaux, a estimé ce cadeau « inapproprié » :

« La production de foie gras de canard ou d’oie est une pratique cruelle envers les animaux. Les oiseaux sont nourris de force plusieurs fois par jour, ce qui est extrêmement stressant et douloureux. Pour ces raisons, le gavage est interdit dans la plupart des pays européens. Nous trouvons consternant que la ville de Strasbourg assure sa promotion au détriment des animaux. »

L214 applaudit la réaction des élus. Pour sa porte-parole Brigitte Gothière, « le statut d’exception du foie gras est appelé à s’éroder inexorablement, à mesure que ses conditions de production sont exposées au public. Les élus peuvent compter sur le soutien croissant de citoyens opposés à ce que des animaux soient mis en cages, suralimentés de force et délibérément rendus malades pour obtenir du foie gras. »

Le foie gras fait l’objet de contestations croissantes au sein de l’Union européenne. En octobre 2012, huit eurodéputés ont appelé la Commission européenne à légiférer pour interdire le gavage des canards et des oies sur son territoire. Cinq associations internationales, dont L214, ont déposé une plainte formelle concernant cette pratique pour non-respect des normes européennes protégeant les animaux en élevage. Selon la réglementation européenne, il est notamment interdit d’alimenter un animal « de telle sorte qu’il en résulte des souffrances ou des dommages inutiles ».

Les droits des animaux : un enjeu politique pour GUE/NGL

A l’occasion de son discours au Parlement de Strasbourg le 2 juillet, la présidente du groupe Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (dont sont notamment membres les élus français du Front de Gauche et les deux représentants néerlandais et allemand des partis pour les animaux « Partij Voor de Dieren » et « Tierschutzpartei »), a affirmé la volonté de son mouvement de défendre une politique européenne engagée dans la défense des animaux.

« Nous représentons tous ceux qui attendent que l’Union européenne mène une politique responsable sur le plan social, une politique solidaire et écologique, et je le dis sciemment, que l’on protège aussi les droits des animaux« , a déclaré Gabrielle Zimmer en séance plénière.

  1. ainsi que « Campagne pour la démocratie européenne » et l' »Association Européenne des Jeunes Entrepreneurs ».

→ photos de gavage en France (libres d’utilisation)

→ vidéos de gavage en France (libres d’utilisation)

 

 

 

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Toros de combat : petits arrangements entre amis au sein de l’Union européenne

PHILIPPE BERJAUD
Alain Lamassoure aux côtés de Franck Proust, Henry Douais, Dominique Granier et consorts.
Alain Lamassoure aux côtés de Franck Proust, Henry Douais, Dominique Granier et consorts. (Photo P. B)

Lors d’une conférence tenue à Nîmes, l’eurodéputé Alain Lamassoure a expliqué comment Bruxelles fait pour rejeter les amendements des anticorrida visant à exclure les toros de combat des aides agricoles…

L’eurodéputé basque Alain Lamassoure, président de la commission des budgets au Parlement européen, ancien ministre du Budget et des Affaires européennes, a provoqué l’hilarité de 120 responsables économiques du Gard, jeudi dernier à la CCI de Nîmes.

Ils étaient accueillis par l’interconsulaire (CCI de Nîmes, CCI d’Alès, chambre de métiers et chambre d’agriculture du Gard) et il s’agissait de parler de l’Europe et des entreprises. Mais le député européen, invité par son homologue Franck Proust, a aussi abordé le fonctionnement de l’Europe, basé sur un ensemble de méandres et de compromis difficiles à comprendre.

La corrida est au mieux inconnue…

Pour illustrer son propos, il a puisé dans son expérience de négociateur et d’aficionado afin de répondre à la question suivante : « Comment se fait-il que l’Union européenne soutienne les éleveurs de toros de combat ? »

Sur les 28 pays de la communauté, il n’y en a qu’un, l’Espagne, qui est profondément attaché à la corrida (« bien que la Catalogne… »), avec le Portugal et le Sud de la France, a-t-il dit. « Sorti de là, la corrida est au mieux inconnue, au pire qualifiée d’horriblement barbare. »

Trois pays devenus alliés en tauromachie

Aussi, fort logiquement, à chaque débat budgétaire, a-t-il expliqué, les anticorrida déposent un amendement visant à exclure les toros de combat des aides agricoles. « Comment repousser cet amendement ? En ayant des alliés qui ont besoin, chez eux, de protéger leurs relations spécifiques avec d’autres animaux. » Et de citer le cas de trois pays devenus alliés en tauromachie.

« En Finlande, le phoque, certains le taquinent. Ça déplaît à Brigitte Bardot et aux Verts mais ils font ça depuis toujours. D’ailleurs, les phoques prospèrent. Alors quand j’ai négocié, au nom de la France, l’entrée de la Finlande dans la Communauté, j’ai dit aux Finnois que je défendrais leur tradition, tous les pays voulant leur interdire la chasse aux phoques, mais, en échange, qu’ils défendraient les nôtres, les toros. Et c’est ce qu’ils font depuis.  »

« On les laisse faire et ils votent pour les toros… »

« En Suède, ils mâchouillent du “chwam”. Ils sont heureux comme ça, c’est leur identité. On a dit : laissons-les mâchouiller leur machin et veillons à ce qu’il soit interdit d’en mâchouiller ailleurs. Depuis, les Suédois votent pour les toros. »

« En Écosse, ils tirent sur un coq de Bruyère. Mais c’est un peu violent si on n’est pas né là-bas. Il a un vol qui le rend très, très difficile à tirer, sauf après l’amour. Parce que là, il monte tout droit dans le ciel en poussant un grand cri de joie et pof, ils le tirent. Ce sont les Écossais. On les laisse faire. Et ils votent pour les toros. »

On comprend dès lors mieux pourquoi l’Europe compose avec les éleveurs de toros…

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Discussion à Bruxelles sur le bien-être des animaux de compagnie

Lors de la conférence sur le bien-être des animaux de compagnie « Construire une Europe qui se préoccupe des animaux de compagnie », organisée le 28 octobre à Bruxelles, on a discuté pour la première fois au niveau européen du bien-être des animaux de compagnie, les chats et les chiens, les États membres ont partagé leur expérience et la Commission européenne a présenté ses plans dans ce domaine.

Ce thème a reçu un grand intérêt de la part de la Commission européenne, des spécialistes vétérinaires et des organisations non-gouvernementales. Comme on le sait, les exigences vétérinaires en matière de commerce des animaux de compagnie et leur circulation non-commerciale entre les pays membres sont établies au niveau de l’UE. Lors des discussions, on a mis l’accent sur l’importance du marquage et de l’enregistrement des animaux de compagnie ainsi que la nécessité de contrôler l’élevage et le commerce des animaux de compagnie, car les dangers pour le bien-être des chiens et des chats apparaissent le plus souvent dans ces domaines.

La stratégie de l’Union européenne sur le bien-être des animaux pour 2012-2015 a été présentée lors de la conférence. Les représentants de la Lituanie ont présenté la loi de la République de Lituanie sur le bien-être et la protection des animaux ainsi que la publication la présentant, qui a été publiée par le Service vétérinaire et alimentaire d’État en coopération avec la Commission européenne, le Seimas, le ministère de l’Agriculture et l’organisation non-gouvernementale « VIER PFOTEN International ». L’exposition de dessins d’élèves lituaniens « L’animal : l’ami de l’homme » a également été présentée lors de l’événement.

En prolongement de la conférence, a été organisé le 29 octobre à l’initiative de la Lituanie à sa représentation permanente auprès de l’UE à Bruxelles un séminaire, où ont été abordées les questions du bien-être des chiens et des chats utilisés dans des buts commerciaux. Des experts du bien-être des animaux ont distingué les trois domaines les plus importants : l’élevage des animaux de compagnie, leur commerce dans les pays membres ainsi que le marquage et l’enregistrement. Les participants au séminaire résumeront les problèmes de bien-être des animaux de compagnie et prépareront une information et des propositions pour la Commission européenne sur les domaines qu’il serait possible de réglementer au niveau européen.

Les organisateurs de la conférence et du séminaire sont la Commission européenne, la présidence lituanienne du Conseil de l’UE, les organisations non-gouvernementales « Eurogroup for Animals », la Fédération des vétérinaires d’Europe (FVE) et « VIER PFOTEN International »

viaDiscussion à Bruxelles sur le bien-être des animaux de compagnie | Communiqués de presse | Actualités | Présidence lituanienne du Conseil de l’Union européenne 2013.

COMMUNIQUE DE PRESSE Trafic de chevaux : les autorités sanitaires françaises pointées du doigt par Bruxelles

COMMUNIQUE DE PRESSE

Trafic de chevaux : les autorités sanitaires françaises pointées du doigt par Bruxelles

Après le scandale des « lasagnes au cheval » de ce début d’année, les consommateurs viennent d’apprendre que près de 3 000 chevaux écartés de la filière viande se sont tout de même retrouvés à l’abattoir. Rappelons que tout détenteur d’équidé a en effet la possibilité d’éviter à son animal de finir en steak, en remplissant une page du carnet signalétique qui suit l’animal dans tous ses déplacements. Cette page mentionne également les traitements reçus par l’équidé et qui le rende impropre à la consommation, compte tenu des résidus médicamenteux qui peuvent se retrouver dans la viande.

Cette nouvelle affaire est jugée suffisamment sérieuse par la justice qui a ouvert une information judiciaire cet été au pôle santé du TGI de Marseille.

Mais alors que l’enquête est en cours et s’avère complexe, les professionnels de la filière viande et le ministère de l’Agriculture s’empressent depuis plusieurs jours de rassurer les consommateurs. Pour eux, il n’y aurait aucun risque pour la santé humaine compte tenu des contrôles permanents effectués en abattoirs et de la bonne traçabilité des animaux.

Des affirmations qui sont toutefois très sérieusement remises en cause par l’Office Alimentaire et Vétérinaire de la Commission européenne dans son rapport d’évaluation « des contrôles officiels concernant l’abattage et la transformation des viandes, en particulier chevalines », rendu public en mai 2013.

Lors de son audit effectué en France, du 3 au 14 septembre 2012, l’OAV a relevé que la base de données d’identification des équidés, qui contient des informations essentielles comme l’exclusion d’abattage pour la consommation humaine, n’était pas fiable. Par ailleurs, l’OAV a une nouvelle fois souligné la pénurie de personnels officiels, notamment dans les petits et moyens abattoirs, ne permettant pas d’accomplir toutes les tâches d’inspection. Plusieurs irrégularités en matière d’hygiène et de protection animale ont été relevées lors de l’abattage de chevaux, sans que les agents officiels de contrôles ne réagissent. « Cela questionne la capacité des autorités à effectuer des contrôles officiels de façon efficace » soulignent sévèrement les auditeurs de l’OAV !

Une carence de contrôles, parfaitement identifiée par la mission sénatoriale d’information sur la filière viande qui, dans son rapport présenté le 17 juillet dernier, recommandait de « renforcer les contrôles vétérinaires aux postes d’abattages », dans un souci de sécurité sanitaire et de protection animale.

Dans un tel contexte de fraudes, tromperies et risques sanitaires, les déclarations hypocrites du ministère de l’Agriculture ne peuvent nullement rassurer les consommateurs.

 

   Frédéric FREUND

    Directeur de l’OABA

 

10, place Léon Blum

75011 PARIS

Tél. : 01 43 79 46 46

E-mail : f.freund@oaba.fr

     Web : www.oaba.fr

Médecine | Expérimentation animale : trop ou pas assez ?

Les rats blancs sont à la base de beaucoup de travaux scientifiques. Photo Inserm - Patrice Latron

Les rats blancs sont à la base de beaucoup de travaux scientifiques. Photo Inserm – Patrice Latron

Une nouvelle directive européenne modifie les conditions de recherche sur les animaux. Le texte inquiète les scientifiques. Mais pour les partisans de la cause animale, elle ne va pas assez loin.

Les opposants à la recherche sur les animaux repartent en guerre. L’initiative citoyenne européenne « Stop vivisection » a recueilli 400 000 signatures sur internet pour demander l’abolition de toute recherche sur les bêtes.

Dans le viseur de cette pétition en ligne depuis janvier : une directive européenne de 2010, retranscrite cette année dans le droit français, qui fixe de nouvelles règles pour l’utilisation de cobayes dans les laboratoires. « Ce texte ne va pas assez loin dans la protection des animaux », estime l’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi qui soutient cette initiative au Parlement européen.

Les anti-vivisection dénoncent « une pratique inacceptable » qui « impose une douleur et une souffrance illimitée à des êtres sensibles et sans défense ». Mais surtout, ils remettent en cause la valeur scientifique de ces recherches. L’Europe « met l’intérêt économique avant l’objectif de soigner les gens », dénonce Angela Tandura, porte-parole de l’initiative stop-vivisection en France.

Bien-être animal

À l’inverse, la communauté scientifique s’inquiète des conséquences de ce nouveau texte sur son travail. Une première directive, datant de 1986, avait déjà réduit de moitié les animaux utilisés dans les laboratoires.

Cette fois, les chercheurs craignent que la lourdeur des demandes d’autorisation pour les projets ne ralentisse leurs travaux. Le Gircor, groupement d’établissements de recherche qui défend l’expérimentation animale, dénonce les arguments des opposants. Depuis quelques années, les conditions de vie en laboratoire se sont améliorées, explique l’association : molécules antidouleur, modification de l’environnement des bêtes pour qu’il soit plus adapté à leurs besoins, et approche animale identique à celle dans les cabinets de vétérinaires quand il s’agit par exemple de faire une prise de sang.

Controverse scientifique

Sur le plan scientifique également, les partisans de la recherche sur les animaux renvoient leurs détracteurs dans les cordes.

Les anti-vivisection remettent en cause la viabilité du modèle animal comme objet de recherche pour la santé animale et plaident pour des techniques alternatives (génomique, travail sur les cellules…). Faux, répondent les partisans de l’expérimentation animale, pour qui les techniques alternatives ne peuvent apporter aujourd’hui qu’une réponse marginale aux nombreuses questions sur la santé humaine et au traitement des maladies. Le débat entre pro et anti va se poursuivre. Une éventuelle révision de la directive est prévue à l’horizon 2017. À moins que la pétition ne recueille avant un million de signatures pour mettre le débat à l’agenda de la Commission.

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