Des poteaux pour favoriser le retour des rapaces -Deux-Sèvres

 

Le busard cendré, rapace très présent dans nos campagnes, affectionne les points hauts pour surveiller son territoire. – (Photo DR Laure Duvallet, GODS)

Qualifiés d’auxiliaires de cultures par les écologistes et certains agriculteurs, ces oiseaux participent à l’éradication des nuisibles.

De simples poteaux de bois, une des réponses possibles aux conséquences du remembrement sur l’écosystème ? Depuis de nombreuses années, la disparition des haies dans les zones de plaine privait les rapaces de lieux de vie. Conséquence : l’absence de perchoirs naturels perturbait busards, faucons crécerelle et autres chouettes des clochers en période de reproduction et dans leurs habitudes de chasse. Ils avaient même tendance à se faire un peu plus rares.

Une centaine de poteaux de châtaignier

C’est pourquoi, en octobre dernier, la ville de Niort a mis en place un programme pour pérenniser la présence de ces oiseaux. Une centaine de poteaux en châtaignier ont été plantés sur le territoire communal, principalement dans les plaines situées au nord-ouest de la ville, dans la zone de l’aérodrome et le long du chemin du troisième millénaire.
Cette opération s’inscrit dans le cadre du plan d’actions biodiversité 2013-2017 de la Ville inspiré par les travaux de l’association Deux-Sèvres Nature Environnement (DSNE) et le groupe ornithologique des Deux-Sèvres (GODS). « L’initiative a un triple avantage, se satisfait Damien Chiron, chargé de mission ornithologique au GODS sur le Marais poitevin et le Niortais. Elle est utile aux rapaces ayant élu domicile sur le territoire. Elle permet de lutter de manière naturelle contre la prolifération des nuisibles et diminue du même coup l’utilisation des rodenticides. »
Plantés tous les 200 à 400 mètres, les poteaux de châtaigniers sont déjà utilisés par les rapaces comme points de repos, de chasse et de dépeçage. La présence de pelotes de réjection l’atteste.
A part une voix discordante, les agriculteurs des zones concernées font jusqu’à présent preuve de bienveillance. « La plupart ont conscience que ces rapaces sont de véritables auxiliaires de cultures pour eux car ils se nourrissent des campagnols qui provoquent des dégâts non négligeables dans les champs », explique Michel Pailley, adjoint en charge de l’environnement.

«  Je préfère les rapaces aux corneilles  »

Dans le cadre d’un autre programme initié il y a six ans, des poteaux d’un genre similaire ont été installés sur l’exploitation de Teddy Villaneau, agriculteur à Vouillé. Avec le recul, le cultivateur approuve l’impact positif sur la biodiversité mais parle d’une efficacité limitée concernant la régulation des nuisibles. « Je préfère voir des rapaces que des corbeaux et des corneilles dans mes champs. Toutefois, à eux seuls, ils ne permettent pas une préservation totale des cultures. De nombreux collègues sont encore embêtés au quotidien. »

nr.niort@nrco.fr

Sébastien Tranchant

Des poteaux pour favoriser le retour des rapaces – 27/12/2014 – La Nouvelle République Deux-Sèvres.

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