SAINT-JEAN-AUX-BOIS Les anti-chasse à courre dégainent

SAINT-JEAN-AUX-BOIS Les anti-chasse à courre dégainent – Compiègne et environs – Le Courrier picard.

 

Une quinzaine de personnes ont participé à une manifestation bon enfant, samedi 25 octobre au matin, devant la messe des veneurs. Après l’abattage d’un cerf le 14 octobre.

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En arrière-fond, la musique des cors de chasse qui s’échappe de la messe. Devant le portail de l’abbatiale de Saint-Jean-aux-Bois, des pancartes « Non au massacre programmé d’innocents » et des photos de têtes de cerfs sanglantes. Le contraste était saisissant, samedi 25 octobre au matin, à l’entrée de la messe de la Saint-Hubert, traditionnellement suivie par les familles des équipages de chasse à courre, chaque année. Pour la quinzaine de manifestants réunis en plein cœur du village, pas question de bénir la vénerie. Bien au contraire : l’association Convention vie et nature (CVN) avait appelé sur Facebook tous les anti-chasse à courre à se rassembler là, à deux pas de la forêt.

«  Avec cette messe, les veneurs récupèrent Saint-Hubert et tentent de se faire pardonner de leurs péchés, ironise Martial Mouqueron, l’un des deux administrateurs picards de CNV, banderole à la main. Il n’est pas une seule tradition qui puisse justifier la cruauté. La finalité est de tuer, puis d’avoir une tête de cerf au-dessus de sa cheminée ! Tout ça au XXIe siècle…  » À ses côtés, Denis, qui vient de s’arrêter en voiture pour rejoindre ce mini-cortège bon enfant, renchérit : «  Même si la famille Rotschild est derrière ces gens, les cerfs ne leur appartiennent pas. En flinguer un chez les gens, c’est monstrueux !  » Dans la bouche des manifestants, ce fait-divers du 14 octobre : un cerf, poursuivi par un groupe de chasseurs à courre, terminait dans le jardin d’une maison avant d’être abattu au fusil, à Prémontré (Aisne). De quoi révolter Joëlle, 41 ans, une habitante du Valois qui dit «  lutter de mes propres moyens  » contre la vénerie : «  Il y a des techniques, comme le fait de faire du bruit. Ou d’aller discuter avec les veneurs, car ça les gêne.  » Marie-Paule est quant à elle venue de Chantilly avec ses deux filles. C’est la première fois que la famille participe à une marche silencieuse contre la chasse à courre. La maman sourit : «  Moi, mon père m’emmenait en forêt nourrir au maïs les cerfs. Je suis mobilisée depuis toujours. » Les participants à la cérémonie dans l’abbatiale, longues bottes aux pieds, pressent le pas, eux. Une fois la messe achevée, les membres de CNV repliaient leurs slogans, en donnant rendez-vous en 2015, «  même lieu, même heure  ». Peu nombreux hier, ils n’ont pas tout perdu : la manif n’avait pas pu avoir lieu l’an passé, et elle n’avait accueilli qu’une poignée de militants en 2012.

Stéphane Le Barber

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