Mimi, victime d’un tireur sans cœur

Par Lucie Lefebvre

 

 

GUIGNICOURT (02). C’est la première fois que Mimi fuguait. La chatte s’est fait tirer dessus. Son fémur est brisé en mille morceaux. Elle risque de perdre une patte.

 


Comment expliquer à un enfant de cinq ans que son chat s’est fait tirer dessus 
?

 

 

Mimi, c’est la dernière arrivée dans cette famille de Guignicourt où l’on chérit les animaux. La petite chatte a dix mois, et c’est celle des enfants. « Nous avons déjà perdu un chat qui s’est fait écraser, nous avons eu une immense peine, pas question que cela se reproduise », explique la maman. Il a donc été décidé que Mimi ne sortirait pas de la maison.

 

Un moment d’inattention a suffi pour qu’elle prenne la poudre d’escampette. Deux jours plus tard, la mère de famille entend un râle à sa porte. « J’ai ouvert et j’ai trouvé Mimi. J’étais tellement contente, je l’ai câlinée, j’ai appelé les enfants pour leur dire qu’elle était revenue. » Ce n’est que lorsqu’elle la pose au sol qu’elle se rend compte que l’animal n’est pas seulement fatigué. « C’est comme si sa patte n’était plus accrochée à son corps », raconte-t-elle.

 

Mimi a été prise en charge en urgence par Philippe Cohen, vétérinaire à Saint-Brice-Courcelles. À première vue, il a pensé qu’elle s’était fait renverser par une voiture. Ce n’est qu’en regardant la radio qu’il s’est rendu compte qu’un plomb lui avait littéralement explosé le fémur. « Je me suis demandé qui ? Pourquoi ? Je sais que certaines personnes n’aiment pas les chats, je peux l’entendre, mais de là à leur tirer dessus. »

 

Mimi a été opérée. Le vétérinaire lui a mis une broche et a extrait le plomb. Il a servi de preuve à sa propriétaire qui a déposé plainte. Elle n’est pas naïve, elle sait qu’elle n’aboutira sans doute pas, mais elle veut marquer le coup.

 

« On se privera de nos vacances pour payer les soins »

 

« Il y a des choses plus graves dans la vie. C’est un événement que je mets à sa mesure. Même si je l’adore, cela reste un animal mais je me dis que si ce plomb a atteint mon chat, il aurait tout aussi bien pu arriver dans l’œil d’un enfant », fait valoir celle pour qui cet événement est tout simplement incompréhensible. Elle habite un quartier tranquille, où les gens se parlent et signalent le moindre problème, lié aux animaux ou autre. « Peut-être est-ce le fait de gamins qui ont voulu s’amuser, d’une drôle de manière d’ailleurs. S’ils lisent ces lignes, j’aimerais qu’ils prennent conscience de leurs actes, qu’ils sachent que ce n’est pas gratuit pour l’animal qui souffre, pour eux qui peuvent être condamnés par la justice, et pour nous, financièrement. » L’opération de Mimi a en effet coûté 500 euros et si par malheur sa blessure s’infectait, il faudrait envisager une amputation. « C’est beaucoup d’argent, mais c’est un choix. On se privera de nos vacances si on peut sauver le chat des enfants, dans la mesure du raisonnable bien sûr », explique la mère de famille qui aimerait que chacun prenne conscience qu’il y a d’autres moyens de réguler la population féline. À Guignicourt par exemple, l’association Félin pour l’autre mène des campagnes de stérilisation et de castration. Mimi, elle, sortait pour la première fois. Elle ne pourra sans doute plus jamais courir comme avant.

 

viaMimi, victime d’un tireur sans cœur – Accueil – www.lunion.presse.fr.

1 commentaire (+ vous participez ?)

  1. paulettelalande
    Juin 02, 2014 @ 23:05:50

    Pauvre Mimi! Et tout ça en toute impunité, ça me révolte!

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