Bordes. Il a laissé mourir de faim ses chevaux

Tribunal

 

Les animaux, on doit s’en occuper au quotidien, en adulte responsable. Pourtant, B. R. a failli à cette obligation. Il a laissé mourir sa pouliche de faim et n’a pas soigné son poney. Devant la faiblesse et la dégradation de ce dernier, le vétérinaire n’a pas pu faire autrement que l’euthanasier. Pour ces faits, le tribunal correctionnel l’a condamné à payer 1.000 € d’amende avec sursis, à ne pas posséder un animal pendant 10 ans et à verser 300 € de dommages et intérêts à l’association APPA Équidés qui s’est portée partie civile.

Les faits :

En s’installant à Bordes, la petite famille de B. R. a voulu s’entourer d’animaux. Les deux jeunes enfants en réclamaient, les parents ont cédé. Jouxtant leur maison, le champ était si grand qu’un poney pouvait y trouver bonne place. Internet était, pour cela, le meilleur moyen. Mais au fil de ses recherches, le choix s’est porté non pas sur un poney mais sur deux et sur une pouliche. Qui peut le plus peut le moins. Tout ce monde est arrivé à Bordes et B.R. a aussitôt confectionné plusieurs abris pour leur confort et s’est même formé à l’entretien et aux besoins des animaux au quotidien.

Tout se passait sans problème. Jusqu’à ce que le couple traverse des difficultés relationnelles et se sépare. Si la garde alternée des enfants s’est imposée, celle des animaux n’a pas fait l’unanimité. Des jours entiers, voire des semaines, peut-être des mois, ils ont attendu leur nourriture, leur foin, leurs soins. Les voisins agriculteurs prenaient parfois le relais en rendant leurs champs accessibles. Mais pour trois chevaux, il fallait beaucoup d’herbe fraîche, laquelle a très vite manqué. La pouliche a plié un genou la première, elle a résisté puis est morte dans de terribles carences et souffrances. Le poney, plus résistant, a décliné lui aussi. Devant sa maigreur et sa faiblesse, le vétérinaire a préféré abréger son calvaire.

D’une voix inaudible, B. R. explique au juge que ses soucis de couple l’ont conduit à une tentative de suicide, une hospitalisation puis une longue dépression. «J’étais dépassé par les événements. J’avais des soucis financiers et puis, ils ont peut-être été empoisonnés ces chevaux ?» tente-t-il peu convaincant. Une question qui ne fera même pas sourciller le président Philippe Rigault trop interloqué par le fait que B. R., alors qu’il n’avait plus l’idée de nourrir ses bêtes, a, néanmoins, trouvé un sursaut pour cacher le cadavre de la pouliche d’une bâche et de gravats pour qu’elle se décompose là-bas, au fond du champ. Et les enfants ? s’est inquiété le président «ils n’ont pas été malheureux ?» Le «non» lâché sans émotion par B.R. a glacé l’assistance.

Pour Me Mesa, avocat de la partie civile, APPA Équidés, «ces explications sont insupportables. Les poneys sont des animaux très robustes. Pour arriver au décès, il faut que la situation dure des mois». Ce n’est qu’à la toute fin des plaidoiries que le prévenu consentira à sortir du bout des lèvres et toujours de façon inaudible un «je regrette».

Francine Depeyre

viaBordes. Il a laissé mourir de faim ses chevaux – 20/05/2014 – LaDépêche.fr.

1 commentaire (+ vous participez ?)

  1. Chantal Le Roy
    Mai 20, 2014 @ 14:53:24

    la vie d’une pouliche et d’un poney : 1000 euros avec sursis. Les gens ont toujours des excuses, là un divorce, là on veut se suicider, etc…. RAPPELONS QUE TOUT ANIMAL EST UN ETRE VIVANT QUI A BESOIN DE PERSONNES RESPONSABLES.

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