ASPAS – Espèces « nuisibles »


Exprimez-vous contre la destruction d’espèces dites « nuisibles »

 

 

auprès de votre Député et de votre Sénateur !


Bonjour à toutes et à tous,

 

Il y a quelques jours, nous vous avons demandé d’écrire au Ministère pour vous exprimer contre le nouvel arrêté, qui on le rappelle permettait une destruction injustifiée de nombreuses espèces autochtones (renard, fouine, martre, belette, putois, geai des chênes, pie bavarde, étourneau sansonnet, corneille noire et corbeau freux).

Face à une forte mobilisation des chasseurs auprès des parlementaires, et pour que ces derniers n’aient pas qu’un seul écho, nous vous invitons expressément à vous mobiliser en écrivant au Député et au Sénateur de votre département en recopiant, ou en vous inspirant de la lettre ci-dessous et en pièce jointe.

 

Voici les liens qui vous aideront à trouver les adresses de ces derniers :

 

L’adresse du Député de sa circonscription :

http://www.assemblee-nationale.fr/14/qui/circonscriptions/index.asp#026

 

L’adresse du Sénateur de son département :

http://www.senat.fr/senateurs/sencir.html

 

L’ASPAS, fidèle à ses actions en faveur de la faune sauvage, fera tout son possible pour faire modifier cette nouvelle législation. Mais nous comptons aussi et surtout sur vous, pour réagir dés à présent !!

 

Nous comptons sincèrement sur votre mobilisation massive pour écrire au Parlement !


 

D’avance merci de votre engagement pour la nature et les animaux sauvages,

 

L’équipe de l’ASPAS.

Modèle de lettre : 


Monsieur/Madame le Député,

Monsieur/Madame le Sénateur,

 

Par un décret du 23 mars 2012 et à la demande des chasseurs, la réglementation relative aux espèces nuisibles a fait l’objet d’une importante refonte. Un projet d’arrêté concernant la destruction de nombreuses espèces autochtones a été mis en consultation publique le 9 juillet.

 

Dans ce projet d’arrêté, le classement du putois et de la belette n’est prévu sur aucun des départements, et nous vous félicitons pour cette avancée, qui prend en compte les dernières données et recommandations scientifiques, ainsi que l’abondante jurisprudence sanctionnant systématiquement le classement de ces espèces.

 

Cependant, l’état des populations de ces espèces reste inconnu et mériterait de les supprimer totalement de la liste des espèces nuisibles, d’autant que le Putois est en régression au niveau européen, tout comme ses biotopes.

 

Il aurait également été possible de se réjouir d’une seconde avancée : la restriction du classement de nos mustélidés dans un rayon de 250 mètres autour de certains bâtiments. Cependant, nous observons que la nature de ces bâtiments n’est pas précisée, et que la superficie choisie reste très importante (plus de 19 hectares autour de chaque bâtiment). Une distance beaucoup plus réduite permettrait de prévenir plus efficacement les dommages et faciliterait le contrôle de la légalité du piégeage.

Cette disposition est d’ailleurs sans effet, dès lors qu’un arrêté du 3 avril 2012 classe certaines espèces exogènes sur tout le territoire français. Martre, putois, belette, fouine, mais également espèces protégées et animaux domestiques seront nécessairement les victimes collatérales des pièges posés pour ces espèces exogènes.

 

Nous sommes également étonnés des régressions importantes qui jalonnent cette décision.

 

Le rôle des espèces dans les équilibres biologiques, ainsi que les services écologiques qu’elles procurent ne sont pas pris en compte. D’innombrables données scientifiques ont clairement établi l’utilité des prédateurs naturels dans leur environnement. Ces espèces participent également à la dissémination de la flore par propagation des graines dans leurs excréments ou par la façon de se nourrir. Le Geai des chênes qui joue son rôle dans la biodiversité en propageant les glands de chêne est un parfait exemple de zoochorie.

 

Le renard est classé dans la totalité des départements, tout comme les espèces exogènes. Ce classement généralisé ignore encore une fois le problème des prises accidentelles causées notamment par la pose du collet à arrêtoir, dont la loutre peut être victime. Ce classement ignore également le rôle de police sanitaire joué par cet animal, ainsi que les services qu’il rend aux agriculteurs en éliminant de nombreux micro-mammifères ravageurs de récoltes et de cultures. Cette espèce offre une méthode de lutte alternative naturelle et gratuite contre ces rongeurs.

 

De plus, le renard, comme le putois, est un prédateur principal du lapin de garenne. Il devrait, dans les zones où ce lagomorphe est classé « nuisible », y avoir un statut « spécial » en tant que collaborateur « à peu de frais ».

 

La belette, quant à elle, est le principal prédateur de la taupe (Talpa europaea), espèce souvent indésirable. D’un poids de 65 à 125 grammes, ses proies privilégiées sont le campagnol et le mulot sylvestre.

 

 

Nous vous rappelons également que le renard et les corvidés, classés également dans de très nombreux départements, sont des espèces territoriales. Leur destruction est donc inutile voire contre-productive, puisque les territoires laissés libres par un individu tué sont rapidement recolonisés par un nouvel individu et de nombreux individus éliminés entraînent une augmentation du taux de reproduction. Ces espèces s’auto-régulent et toute intervention extérieure appellera une réponse comportementale qu’il conviendrait de prendre en compte.

 

Par ailleurs, nous nous étonnons que des espèces prédatrices peuvent encore faire l’objet de destruction dans le seul but de limiter la prédation qu’elles exercent, qui plus est sur des espèces par ailleurs chassées. Cela revient à nier le rôle de la prédation dans les équilibres d’un milieu. Nous vous rappelons que les études menées dans ce domaine montrent que la limitation des prédateurs n’a aucun impact sur l’état des populations de leurs proies à long terme.

Les martres, fouines et pies bavardes pourront être détruites sur les territoires où des actions de restauration de populations d’espèces sauvages sont prévues par le schéma départemental de gestion cynégétique. Or ces schémas, rédigés par les chasseurs pour les chasseurs, visent les seules espèces qui présentent un intérêt à leurs yeux. Cela revient donc à privilégier des espèces gibier issues d’élevage, inadaptées à la vie sauvage (et parfois exogènes), aux espèces prédatrices autochtones. La chasse reste un loisir et ne devrait pas primer sur l’intérêt général.

 

Le classement de la martre correspond aux zones à tétras. Or, l’impact négatif de cette prédation sur l’état des populations de Tétras-lyre et Grand tétras n’est pas établi. Pour preuve, le Grand tétras n’est plus présent dans les Alpes françaises alors qu’en Suisse, où la martre est protégée, leurs populations sont préservées. De plus, ces espèces restent parallèlement et paradoxalement chassées, comme le dénoncent les associations de protection de la nature depuis de nombreuses années. La gestion de ces tétraonidés en mauvais état de conservation apparaît ainsi de plus en plus partiale et incohérente.

 

D’un point de vue purement légal nous nous interrogeons sur la rédaction de ce nouveau texte qui semble imposer la recherche de solutions alternatives à la seule destruction par tir. Or, les directives Oiseaux et Habitats, imposent cette recherche à tous les modes de destruction, et notamment au piégeage.

 

Cette réforme aurait également été l’occasion de faire évoluer cette réglementation qui brille par son archaïsme. En particulier, elle aurait été l’occasion d’interdire enfin le déterrage et l’enfumage, pratiques archaïques et barbares, cruelles et dérangeantes pour les espèces, parfois protégées, qui peuvent occuper le même terrier. Souffrances aussi inutiles qu’inacceptables, au nom d’une prétendue nécessaire régulation.

 

Enfin, cet arrêté est adopté pour trois ans. Nous soulignons l’incohérence de cette réforme étant donné que, parallèlement, le classement des espèces exogènes et des espèces causant le plus de dégâts (notamment le sanglier) est revu tous les ans.

 

Par la présente, nous sollicitons votre bienveillance et vous demandons d’agir auprès du Ministère afin de prendre en compte ces éléments, et d’adapter cette législation aux contraintes de l’agriculture moderne et aux aspirations de la population.

 

En vous remerciant, nous vous prions d’agréer, Madame/Monsieur le député/le sénateur, l’expression de nos salutations distinguées,


Vos nom/prénom/signature

Lettre-type – espèces nuisibles.doc
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