Le coût colossal du parc nucléaire français

Le rapport de la Cour des comptes sur la filière nucléaire évalue à 228 milliards les investissements dans ce domaine. L’atome coûte très cher.

Dans dix ans, vingt-deux réacteurs sur cinquante-huit fêteront leurs 40 années de fonctionnement. Et après ? Dans dix ans, vingt-deux réacteurs sur cinquante-huit fêteront leurs 40 années de fonctionnement. Et après ? – (Photo archives NR)

La Cour des comptes a prévenu : la France doit faire des choix dès maintenant sur sa politique énergétique et l’avenir de son parc nucléaire. Et dans tous les cas, il faudra réaliser de lourds investissements pour maintenir la production d’électricité.

La Cour a adressé cet avertissement à l’occasion d’un rapport sans précédent sur l’ensemble des coûts liés à la production d’électricité nucléaire en France et souligne que les coûts de production de cette énergie augmenteront de toute façon.

Le parc actuel à lui seul : 96 milliards

D’après ce rapport de près de 400 pages, qui avait été commandé l’an dernier par le gouvernement après la catastrophe de Fukushima, les investissements publics et privés réalisés depuis le début dans la filière française d’électricité nucléaire, d’un montant colossal, sont néanmoins bien « identifiés », avec une addition « toutes dépenses confondues » évaluée à 228 milliards (en incluant les frais de démantèlement prévisibles). Le montant total de la construction des installations nécessaires à la production d’électricité nucléaire est chiffré à 121 milliards d’euros (hors coût de Superphénix), y compris les sommes liées à la première génération de centrales, qui ne sont plus en service. Le seul parc actuel, composé de 58 réacteurs, dont les plus anciens (Fessenheim 1 et 2) sont entrés en service en 1978, a coûté quant à lui 96 milliards. Par ailleurs, la juridiction financière a prévenu que les charges futures liées au démantèlement des centrales et à la gestion à long terme des déchets radioactifs sont très incertaines, par manque d’expérience concrète. D’où des risques « probables » d’augmentation des chiffrages existants. Mais la Cour estime de toute façon que ces incertitudes auront un effet assez faible sur le coût moyen de production de l’électricité nucléaire. En revanche, les frais de maintenance du parc existant, qui vont plus que doubler sur la période 2011-2025, devrait faire grimper de 10 % ce coût moyen. Partisans et adversaires de l’atome ont trouvé leur compte dans ce rapport. « Le nucléaire reste, même avec ces incertitudes, une énergie relativement peu chère », a retenu la ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, alors qu’au contraire, pour la candidate écologiste à la présidentielle Eva Joly, ce « document vérité » bouleverse l’idée que l’atome est bon marché.

en savoir plus

Le coût d’une sortie complète selon le CEA

La sortie complète du nucléaire le triple d’un scénario de statu quo affirme le patron du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) Bernard Bigot s’appuyant sur son service d’évaluation économique, l’Itese *. > Soit le nucléaire reste à son niveau actuel d’environ 74 % (plus 11 % d’hydraulique, 10 % d’éolien, 2 % de solaire et 2 % de gaz) : cela revient à un investissement de 178 milliards à 212 milliards d’euros. Conséquence sur le prix de l’électricité : un coût du mégawattheure à 62 euros en 2025 > Une « sortie » d’ici 2025 vers un modèle également à faible émission de carbone (60 % éolien, 12 % solaire, 12 % hydraulique et 16 % gaz) : un surcoût de l’investissement compris entre 352 et 560 milliards d’euros, soit un total de 530 à 772 milliards. Conséquence sur le prix de l’électricité : un coût du mégawattheure à 124 euros.

* Dans une interview au journal Les Échos.

la phrase

 » Ne pas décider revient à prendre une décision qui engage l’avenir, alors qu’une décision explicite doit être prise. « 

C’est ainsi que Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes a présenté le rapport sur le coût du nucléaire et l’importance du choix.« D’ici la fin de l’année 2022,22 réacteurs sur 58 atteindront leur 40e année de fonctionnement, et s’ils n’étaient pas prolongés, il faudrait un effort très considérable pour construire 11 EPR d’ici 2022 », a-t-il précisé. Mais selon lui cela « paraît très peu probable, voire impossible ». François Fillon a réagi en indiquant que le gouvernement préciserait ses choix « à partir de l’été 2012 », c’est-à-dire après les échéances électorales.

viaLe coût colossal du parc nucléaire français – Environnement – Actualité – France/Monde – Nouvelle République.

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