Ne soyez pas complices:n’en mangez pas!: Coquillages et crustacés : réveillon tragique à l’office – série – j’aime, j’aime pas noël

Promis à des fêtes bouillonnantes, les homards et autres produits de la mer ont le Noël amer. Mais la faim justifie les moyens de ces fins brutales.

(dr)

Pas de fleurs pour les bouquets. Pas de pitié pour les crustacés. Il n’y a pas à tortiller : leur fin d’année est tragique. Leur fin est cruelle. Le réveillonneur patenté et le gastronome éclairé en pincent pour le homard. Dans le rôle du bourreau, le cuistot ne fait pas dans le léger au moment de faire passer à la casserole ces bestioles vivantes. Nicolas Barriot fait valser les mets précieux au piano. Il connaît la musique. « Le homard doit être plongé vivant dans l’eau bouillante, explique le chef émérite du Vingélique. Encore que l’idéal pour la cuisson est le four à vapeur. Mais c’est du matériel de pro. Si vous le braisez, tranchez-le à vif avec un couteau de cuisine. »
Sensible, la ménagère de moins de 50 ans a le coeur qui saigne à l’heure de trucider la bête. « Moi je ne regarde plus depuis que j’ai vu un crabe s’accrocher désespérément aux parois, confie la jolie dame. Désormais, j’ouvre le faitout et je remets le couvercle de suite. » Cacher ce dessein que je ne saurais voir… « On m’a dit qu’on pouvait endormir les crustacés en les passant quelques instants au congélateur. Je n’ose pas. C’est que ça vaut son prix ces produits-là. Il n’y a pas intérêt à la rater. »

Crevettes, Saint-Jacques et ormeaux au rayon des fins les plus barbares

Quitte à être promis à une mort certaine, autant que cela aille vite. Mais cela tourne parfois au supplice byzantin pour les délices des fonds marins. Les crevettes, démarrées par les connaisseurs à l’eau froide, les Saint-Jacques, dépecées à vif pour terminer en carpaccio brûlées au citron, ou les ormeaux, battus à mort avec le rouleau à pâtisserie en guise d’attendrisseur, sont au rayon des exécutions culinaires les plus barbares.
Noël amer pour les produits de la mer. Mais la faim et l’amour du met fin justifient les moyens. Encore que… Cette brave dame arpente le rayon surgelé de l’hypermarché en quête d’un bon vieux homard d’outre-Atlantique, tout cuit, tout beau, tout congelé. Vous avez du coeur madame. Bravo. « Mon pauvre monsieur vous savez c’est la crise… Mes petits-enfants viennent réveillonner. Je n’ai pas les moyens mais je fais un effort avec ce  » Canadien  ». Le homard de nos côtes est tellement bon, frais. Vivant. Je me rappelle quand j’avais 20 ans, nous allions en vacances à Trébeurden. On se tapait de pleines ventrées de langoustes à l’armoricaine. C’était le bon temps. » Si même les pauvres ne sont pas charitables…

Loïc Lejay

viaNouvelle République : Coquillages et crustacés : réveillon tragique à l’office – série – j’aime, j’aime pas noël.

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