Prison ferme et sursis dans l’affaire de l’émeu –

Les deux majeurs impliqués dans la virée nocturne qui s’était terminée par la décapitation d’un émeu et de quelques poules, ont été condamnés hier.

Tribunal correctionnel de Blois

La nouvelle de la décapitation d’un émeu et d’une vingtaine de poules, dans la nuit du 1 er au 2 janvier, à Contres, avait fait grand bruit. La commune venait de perdre sa mascotte dans des conditions tragiques. L’enquête des gendarmes a rapidement conduit à l’interpellation de quatre individus, dont deux mineurs. Les deux autres – Raymond, la vingtaine et Nicolas, la trentaine – étaient présentés, hier, devant le tribunal correctionnel de Blois, dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate.
Les deux hommes sont peu loquaces dans le box. Pour la compréhension du tribunal, le président Xavier de Bernouis résume la soirée.
« Raymond, vous étiez invité chez des gens à Contres. A un moment, ils ont eu affaire ailleurs, mais vous avez décidé de revenir un peu plus tard, en compagnie de deux mineurs. D’entrer par effraction et de les cambrioler. Pourquoi ? »
– « C’est venu comme ça », bredouille Raymond.
« Plusieurs témoins déclarent qu’un peu plus tard, vous avez brisé un pare-brise d’un coup de coude ! »
– « Je ne m’en souviens pas. »
« Que vous avez dégradé une palissade ! »
« Ben oui, il fallait du bois pour faire le barbecue. Pour manger les poules. »
« Vous êtes mis en cause dans le vol et les actes de barbarie sur l’émeu et les poules.  » Raymond tenait l’autruche et Nicolas l’a décapitée  », est-il détaillé. »
Le prévenu renâcle, admet avoir ramassé trois ou quatre poules décapitées pour les manger, mais ne sait pas qui les a tuées. Et pour l’émeu ? Il ne sait pas du tout.

Deux mandats de dépôt requis

La défense de Nicolas est encore plus radicale. « Je ne suis jamais allé avec eux », se défend le trentenaire. « J’étais sur la place, mais, après, pour les poules, je n’y étais pas. Je suis rentré dormir chez ma mère. » Il poursuit sur ses dénégations même s’il est expressément et nominativement mis en cause par plusieurs personnes.
« Certains mis en cause assument quoique mineurs », constate le substitut du procureur François Antona. « Tandis que les majeurs reconnaissent seulement partiellement les faits. Le vol oui, mais pas les violences sur animaux. » Il poursuit : « Sur les dix qui étaient au square, quatre (NDLR : les deux prévenus et deux mineurs identifiés) sont partis en direction du poulailler, l’ont escaladé avant qu’on entende des cris d’animaux, puis qu’on découvre des cadavres d’animaux [] Vous avez dans le box deux personnes qui refusent d’admettre qu’ils ont commis de tels actes. »
Pour Raymond, le ministère public requiert la peine plancher de quatre ans encourue, dont deux ans avec sursis mise à l’épreuve de deux ans. Et mandat de dépôt.
Pour Nicolas, qui persiste dans son attitude, il réclame douze mois dont neuf avec sursis et mandat de dépôt.

 » Peut-être qu’il n’y était pas  »

« Je ne peux pas l’obliger à reconnaître des faits qu’il soutient ne pas avoir commis », constate M e Hugues-Norbert Souamounou, conseil de Nicolas. [] « Peut-être qu’il n’y était pas. Sans plaider la relaxe, il y a un doute. Je demande l’indulgence et la clémence du tribunal. »
Pour la défense de Raymond, dont le casier porte trace d’au moins une condamnation justifiant que la récidive soit visée, M e Annabelle Redon rappelle que celui-ci avait bu 2,5 litres de bière. Et que les trous de mémoire qui lui sont reprochés peuvent en partie s’expliquer ainsi. « Les mineurs disent que c’est le plus âgé du groupe qui avait le couteau… et le plus âgé ce n’est pas mon client. Vous n’avez pas la certitude absolue qu’il a tué l’émeu ou les poules qu’il n’a pas mangées. […] Ses sursis vont tomber, mais vous pouvez assortir la peine plancher requise d’un sursis mise à l’épreuve beaucoup plus long. »
Après avoir délibéré, le tribunal déclare Raymond coupable de vol aggravé, de dégradations et d’actes de cruauté envers animaux. Il est condamné à quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis. Mandat de dépôt est décerné à l’audience. Nicolas écope de huit mois d’emprisonnement avec sursis pour actes de cruauté envers animaux.
La SPA 41 (Société protectrice des animaux), qui avait demandé 3.000 € au titre du préjudice moral, se voit allouer 200 € de dommages et intérêts.

nr.blois@nrco.fr

Olivier Brosset

viaNouvelle République : Prison ferme et sursis dans l’affaire de l’émeu –.

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