» Le renard est injustement détesté  »

 

Le renard ne mérite pas la réputation qu’on lui fait, estime Deux-Sèvres Nature Environnement, quand on dit de lui qu’il pourrait être  » dangereux  ».

Christian Geay plaide pour que le renard ne soit plus considéré comme un concurrent des chasseurs mais comme un allié dans la régulation des populations de campagnols ou de lapins, ennemis des cultures. Christian Geay plaide pour que le renard ne soit plus considéré comme un concurrent des chasseurs mais comme un allié dans la régulation des populations de campagnols ou de lapins, ennemis des cultures. – (dr)

La population de renards dans les Deux-Sèvres serait en nette progression. Du coup, les chasseurs multiplient les battues, l’accusant de s’en prendre au petit gibier. Et dans ce contexte de prétendue invasion, le moindre récit de poules découvertes étêtées au petit matin attise la présomption de culpabilité autant qu’il légitime la nécessité d’organiser sa traque.

Propagande anti-renard ?

Ces derniers temps, le renard a mauvaise presse. Et quand il fait la Une des journaux, les écologues dénoncent « une propagande portée par les fédérations de chasse ». Membre de la commission départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage, administrateur de l’association Deux-Sèvres Nature Environnement, Christian Geay milite pour la réhabilitation du renard. S’il se défend d’être anti-chasse et admet que l’animal puisse être en nombre, il affirme que les actions de chasse contribuent largement au phénomène.
Tout en critiquant le statut de « nuisible » du renard (« alors qu’il régule les populations de campagnols et de lapins, ennemis des cultures »), l’écologue affirme surtout que les destructions massives de renards vont « à l’encontre de l’effet recherché ». Selon lui, en effet, les chasses au renard « maintiennent une population jeune et capable de se reproduire rapidement ».
Mieux, les lâchers de gibiers seraient une aubaine pour l’animal réputé partisan du moindre effort. « Les perdrix et faisans élevés en captivité sont incapables de fuir à l’approche d’un prédateur », affirme Nicolas Cotrel, directeur de DSNE.
En résumé, réguler artificiellement les populations de renards, comme le prônent les chasseurs, serait illusoire et inutile. « La régulation naturelle serait aussi efficace », plaide Christian Geay.

Dernières peurs

Mais, les maladies véhiculées par la bête ? « Cela fait belle lurette que la rage a disparu en France », rappelle Nicolas Cotrel. Mais il paraît qu’il ose s’aventurer dans les villages ? « C’est un opportuniste, alors, s’il sent qu’il y a à manger, c’est possible. Cependant, il ne faut pas craindre de le croiser en plein jour, c’est un animal très prudent et très craintif. Il ne tiendrait pas tête à un humain. » Et si on en voit un, au retour de boîte de nuit ? Nicolas Cotrel est catégorique : « Le prendre en photo ! »

nr.niort@nrco.fr

(*) Depuis plusieurs années, entre 2.500 et 3.000 renards sont abattus annuellement dans les Deux-Sèvres. Un pic avait été atteint lors de la saison 95-96 avec 5.484 renards tués.

Emmanuel Touron

viaNouvelle République :  » Le renard est injustement détesté  » –.

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