Des éleveurs belges de renards, pour leur fourrure, viendraient se débarrasser des mâles en catimini, la fourrure des femelles étant plus recherchée et plus belle

Courrier Picard  Région d’Amiens  20 Novembre 2008
 
AUTHIEULE
Des renards pas si sauvages que ça…

Les chasseurs du Doullennais s’étonnent de la propagation de renards dans
leur secteur. Des renards de moins en moins sauvages qui ne craignent pas de
s’approcher des maisons en soirée pour faire ripaille dans les
poulaillers…
Catastrophée, Marie-Jeanne Dochy, lundi matin en sortant de sa petite
fermette pour aller donner, comme chaque matin, à manger à sa volaille et la
libérer du poulailler pour qu’elle s’ébatte au grand air dans la vaste cour en
herbe ! Au beau milieu de sa cour, éparpillées, gisaient pas moins de huit
poulettes de l’année, égorgées, voire carrément décapitées .
Un examen sommaire des infortunés volatiles et Marie-Jeanne a vite compris
que le renard était passé par là. Elle a aussitôt appelé son mari Émile pour
constater son infortune.
Un inventaire dans le poulailler a quelque peu rassuré l’agricultrice
retraitée : le goupil avait laissé quelques survivants. Hormis les huit poules
occises et laissées sur place, il en manque cependant trois à l’appel, emportées
sans doute par le rusé affamé, qui a été aperçu dans le village sur le coup des
6 heures…
Émile a aussitôt fait appel à un piégeur agréé par la fédération de chasse.
Pas très difficile pour lui puisque son propre fils Hervé est piégeur à Sarton,
petit village proche du Pas-de-Calais.
Hervé a soigneusement installé ses pièges agréés, bien dissimulés dans les
feuilles mortes, au beau milieu du tas de poules mortes de la veille… Au cas
où le rouquin aurait l’idée saugrenue de revenir finir le travail…
A 9 heures du soir, quel culot !
Émile n’y croyait pas trop ! Et pourtant, le goupil n’a pas traîné pour
revenir sur les lieux de son forfait. Il n’a pas eu la patience d’attendre la
pleine nuit. Sur le coup des 21 heures, alors qu’elle sortait pour éteindre la
lumière du poulailler, Marie-Jeanne a été saisie dans la nuit par une forme
rousse qui faisait des bonds de cabri…
Piégé à la patte, le renard avait déjà commencé à se la dévorer pour tenter
d’échapper au piège…
Appelé par son père, Hervé est tout de suite venu abréger les souffrances
de l’animal…
C’est le troisième renard tué au village d’Authieule en moins d’une
semaine. « Tous des mâles, comme par hasard et tous à proximité des maisons »,
remarque avec malice Marcel, un chasseur émérite du village ; « pour revenir à
cette heure-là, c’est un renard d’élevage ! Ça ne peut pas être autrement… »
Dans le secteur, les rumeurs vont bon train selon lesquelles des éleveurs
belges de renards, pour leur fourrure, viendraient se débarrasser des mâles en
catimini, la fourrure des femelles étant plus recherchée et plus belle…
« Plus on en tue, plus il y en a, et toujours des mâles, c’est pas normal !
»
L.M.

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