Loire | Cleppé : 36 bovins retrouvés morts de malnutrition dans une exploitation agricole – Le Progrès
21 fév 2012 Laisser un commentaire
Photo Yannick Vernay
Elevage.Une enquête de la gendarmerie de Feurs et des services vétérinaires est en cours pour déterminer la cause du décès de 36 bovins et de 3 chevaux.
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Hier, alertés par Marcel Geay, maire de Mizérieux ayant eu vent de maltraitances sur du bétail, les gendarmes de Feurs se rendaient au lieu-dit Les Varennes, sur une exploitation agricole où ils découvraient vers 15h30, un cheptel décimé faute de soins. Certaines bêtes reposent depuis quelques semaines dans l’étable, d’autres dehors dans la boue.
Prévenue par la SPA de Feurs, une équipe de la Direction départementale de la Protection des Populations (ex-Direction du service vétérinaire) dénombrait sur place 36 cadavres de bovins et 3 chevaux morts dans la stabulation. Des équarrisseurs devraient ce matin relever les corps des animaux décédés.
Les premières vaches mortes il y a deux mois
Le reste du cheptel, 19 bêtes déclarées saines, se nourrit calmement dans le pré. « Il sera soigné et devra être vendu dans la journée à des marchands, sous peine d’un arrêté préfectoral », déclare Didier Perre, directeur de la DDPP.
« D’après nos premières constatations, les vaches sont mortes d’un problème de malnutrition. Le dernier contrôle du cheptel remonte à un an. Aucun problème n’avait été décelé à l’époque. Les bêtes ne montraient aucun signe d’une mauvaise alimentation ».
L’éleveur, que nous avons joint par téléphone, explique que les premières vaches sont mortes il y a deux mois. Puis les cadavres se sont ajoutés les uns aux autres dans l’enclos. Il s’est alors muré dans la dépression et, multipliant par ailleurs des soucis personnels, il n’a pas contacté les services vétérinaires ni prévenu les gendarmes. En revanche, il a continué de soigner et nourrir le reste du bétail. « Il y a quelques temps, j’ai reçu des menaces dans ma boîte aux lettres et j’ai pensé qu’on avait empoisonné mes bêtes », tente d’expliquer l’exploitant agricole de 62 ans. « Je ne peux pas le prouver. Mais une bête ne meurt pas comme ça ! De mon côté, est-ce que j’ai fait une connerie ? ».
Alors qu’on lui demande s’il n’a pas eu peur que l’amoncellement de carcasses contamine les autres bêtes, il répond que non. Mais se questionne : « Dans ma tête, je ne comprenais pas ce qui s’était produit. Tout a commencé à l’époque où j’ai commencé à nourrir les vaches avec du sorgho, fourrage présent dans des enrubannages de ma confection. Ai-je tué mes bêtes avec les aliments que je leur ai donnés ? ».
L’éleveur veut comprendre. « Je ne cherche pas d’excuses. J’aimerais savoir ce qui s’est passé. Il était prévu que j’arrête de travailler l’an dernier. J’abandonne mon métier, et j’aurais préféré le faire dans de meilleures conditions ».
La gendarmerie de Feurs a ouvert une enquête et la DDPP a établi un procès-verbal pour maltraitance sur des animaux. Un dossier d’infraction est en cours auprès du procureur de la République.