Les algues vertes, conséquences de l’élevage intensif – Agrisalon

“L’enfer des Bretons” (mercredi minuit, France3), un documentaire grand public de Mathurin Peschet, nous entraîne au coeur du problème des algues vertes, conséquence d’un élevage intensif vue par des scientifiques, des éleveurs, des associations, des responsables politiques et des consommateurs.

La décomposition des algues vertes ou “laitue de mer”, qui prolifèrent sur des plages de Bretagne, dégage de l’hydrogène sulfuré qui a tué depuis 2009 un cheval et des dizaines de sangliers. Ces algues se multiplient en présence de l’azote nitrique (ou nitrate) qui provient particulièrement des déjections animales. Le documentaire rappelle qu’il y a en Bretagne la plus grosse concentration d’animaux d’élevage en France, avec “2 millions de bovins, 8 millions de porcs et 68 millions de volailles”. Des animaux élevés en général “hors sol”, c’est-à-dire le plus souvent dans des bâtiments et nourris en partie par des produits importés sur l’exploitation.

L’origine du problème pourrait bien être cette déclaration d’Edgar Pisani, alors ministre de l’Agriculture, qui affirme en 1962 que la Bretagne doit “se considérer comme un immense atelier de production de viande et de lait”. Ce sont les débuts de l’agriculture industrielle. Aujourd’hui, la Bretagne est la première région agricole de France. Ces millions d’animaux produisent des déjections en masse, épandues sous forme de lisier sur les cultures fourragères. Les cultures reçoivent en outre un engrais minéral azoté, l’ammonitrate, plus facile à utiliser que le lisier. On importe aussi pour les nourrir du soja, riche en azote.

“Le consommateur est-il prêt a changer ses habitudes alimentaires pour soutenir les paysans ?”

En 1975, l’Europe demande à la France de passer sous la norme des 50 mg de nitrate par litre d’eau, et aujourd’hui un plan nitrate a été mis en place en France. Mais pour les scientifiques, il faudrait descendre bien en-dessous (10 ou 20 mg, voire moins) pour qu’il n’y ait plus d’algues vertes. En somme, “revenir à la qualité des eaux d’avant les années 70″, dit Pierre Aurousseau (Inra), président du Conseil scientifique de l’environnement de Bretagne.

La résistance de certains éleveurs et de leurs associations est forte. La Fnsea parle de “responsabilité collective” : “le consommateur est-il prêt a changer ses habitudes alimentaires pour soutenir les paysans ?”, demande un de ses représentants dans le documentaire. Le système est fait “pour faire beaucoup et pas cher”, relève un éleveur. Si l’on veut autre chose, “il faut un nouveau contrat entre la société et les paysans”. “Il y aurait plus de bio ca irait mieux”, dit un consommateur. Eleveur de bovins, Yann fait du bio. Sans ammonitrates et sans aliment extérieur, il produit moins de lait mais le vend plus cher. “On ne fait que des mesurettes et il y aura toujours des algues vertes, dit-il. Mais si les élus avaient vraiment envie, on pourrait faire des choses”.

AFP

viaEnvironnement – Les algues vertes, conséquences de l’élevage intensif – Agrisalon.

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